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Nouvelle théorie : 'Oumuamua, fragment d'un corps céleste déchiré par une étoile

L'objet interstellaire en forme de cigare 'Oumuamua, traversant notre système solaire en octobre 2017, serait un fragment d'un corps céleste orbitalisant autour d'une autre étoile, trop approché de celle-ci. Ce corps a été déchiré par les forces de marée, projetant 'Oumuamua vers nous.

Notre système solaire regorge d'objets variés, mais 'Oumuamua, détecté le 20 octobre 2017 par le télescope Pan-STARRS1 depuis Hawaï, s'est révélé unique.

Sa forme allongée évoquant un cigare, son accélération non gravitationnelle typique des comètes – due à un dégazage invisible – et sa trajectoire hyperbolique l'ont distingué immédiatement.

Premier messager interstellaire

Consensus rapide : un visiteur d'un autre système stellaire, nommé 'Oumuamua' (hawaïen pour 'premier messager de loin'). Malgré sa rareté, certains comme Avi Loeb ont évoqué une origine artificielle. Pourtant, la science privilégie les explications naturelles.

Une étude publiée le 13 avril dans Nature Astronomy par Yun Zhang (Observatoires nationaux chinois) et Douglas Lin (Université de Californie) propose un modèle dynamique via simulations.

Fragmenté par les marées stellaires

Le scénario : un protoplanétaire sur orbite elliptique s'approche trop d'une étoile. Les forces de marée le déchirent, étirant les fragments en formes cigariformes comme 'Oumuamua, catapulté dans l'espace interstellaire avec rotation chaotique.

Sa surface, fondue puis refroidie, forme une croûte rocheuse emprisonnant des gaz volatils. Au passage près du Soleil, leur sublimation explique l'accélération sans queue visible.

Des milliards d'objets similaires

"Chaque système planétaire éjecte en moyenne 100 000 milliards d'objets comme 'Oumuamua", estime Zhang. Ce mécanisme, applicable à divers corps et étoiles (y compris naines blanches), rend ces visites probables.

Depuis 2017, 2I/Borisov (2019) confirme leur existence. De futures sondes pourraient les analyser, éclairant l'évolution planétaire – et peut-être des biosignatures.

Crédit photo : ESA/Hubble, NASA, ESO, M. Kornmesser


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