En raison de la crise du Covid-19, nous avons dû rester longtemps confinés dans notre pays. Aujourd'hui, les vacances sont à nouveau possibles, sous conditions. Que vous optiez pour un séjour local ou une escapade lointaine, rêver de destinations exotiques au-delà de notre planète reste une source d'inspiration inépuisable. L'astrophysicienne Nancy Vermeulen, qui forme déjà de futurs astronautes privés, nous parle du tourisme spatial dans ce podcast exclusif.
Nancy Vermeulen est passionnée par l'espace depuis l'enfance. Diplômée en astrophysique, elle est devenue pilote de ligne, transportant des passagers et organisant des vols de fret vers une Bagdad assiégée. Ses ambitions l'ont propulsée bien plus haut, au-delà de l'atmosphère. Sélectionnée parmi les candidats astronautes de l'ESA, elle a dirigé une expédition de simulation sur Mars et fondé sa propre Académie de formation spatiale, où elle prépare les futurs touristes spatiaux.
Comment devenir astronaute ? « Il n'existe pas de parcours unique », explique Nancy Vermeulen. « Une passion profonde et une persévérance à toute épreuve pour acquérir une expertise scientifique sont essentielles. Les profils opérationnels, comme les pilotes, sont aussi recherchés. Il faut un esprit d'aventure, une excellente condition physique et mentale, et un fort sens de l'équipe. »
La chance de réussir reste toutefois infime. « Enfant, je rêvais d'un métier d'astronaute aussi courant que pilote. La réalité est différente : les sélections sont extrêmement rigoureuses. L'ESA a lancé des tests en 1992 ; j'ai attendu 2008 pour candidater parmi 15 000 postulants. Seuls 8 000 ont été présélectionnés, et 6 ont intégré la formation. »
« Avec une bonne condition physique et psychologique, et 250 000 $, vous pouvez partir. C'est bien plus accessible pour les touristes fortunés que pour les professionnels. Cela s'explique : former un astronaute coûte cher, et les agences investissent sur le long terme. Les privés financent leur propre entraînement pour une mission unique. Au début, seuls les ultra-riches voleront. Mais avec des retours positifs et plus d'acteurs commerciaux, les prix baisseront, rendant l'espace accessible à tous. »
« Les premiers vols seront courts. Blue Origin et Virgin Galactic proposent des sauts au bord de l'atmosphère : quelques minutes en apesanteur avant le retour. SpaceX d'Elon Musk vise plus haut : en 2021, un vol orbital de plusieurs jours à 1 000 km d'altitude ; en 2023, un survol lunaire – une date optimiste. Pas d'atterrissage lunaire pour touristes avant dix ans. »
« Après la Lune, Mars attirera l'attention, mais d'abord via des survols. La Chine prévoit une base lunaire d'ici 2030, avec des vols habités vers Mars et plus de simulations terrestres ou orbitales pour tester les longs voyages. »
« Cela prendra du temps, mais SpaceX développe une fusée pour 100 passagers, capable d'alimenter la Station spatiale ou de relier deux points terrestres en un clin d'œil. Ces avancées démocratiseront les voyages spatiaux. »
« L'esprit pionnier est dans notre ADN. Les robots explorent Mars, mais ne ressentent rien. L'humanité partage l'émotion d'une expérience humaine. Nous ne pouvons rester éternellement sur Terre : un jour, il faudra migrer. Les pas actuels vers la Lune et Mars développeront les technologies pour des voyages interstellaires dans des siècles. »