FRFAM.COM >> Science >> Santé

La vérité sur les silicones en cosmétique : avantages, sécurité et controverses environnementales

Les silicones sont omniprésents dans les cosmétiques et produits de soins personnels. Pourquoi certaines marques choisissent-elles de s'en passer ?

Nous aspirons toutes à des cheveux soyeux et brillants, et à un maquillage résistant même à la transpiration. L'ingrédient synthétique à l'origine de ces performances est souvent la silicone. Introduites dans les produits de beauté dans les années 1950, les silicones dérivent de la silice (sable ordinaire), mais font l'objet d'une transformation chimique approfondie avant incorporation.

Les silicones portent divers noms (la diméthicone est l'une des plus courantes) et se déclinent en formules adaptées : étanchéité, rétention d'humidité, adhésion des pigments, protection et douceur des cheveux, texture soyeuse des soins cutanés sans effet gras ou collant. Elles confèrent aux déodorants une finition veloutée à séchage rapide et maintiennent les écrans solaires résistants à l'eau, même en cas de transpiration ou de bain.

Ces propriétés sont indéniables. Alors, pourquoi tant de produits arborent-ils l'étiquette « sans silicones » ?

Bien que les études confirment leur innocuité pour la peau, des inquiétudes récentes portent sur leur accumulation environnementale et leur potentiel biocumulé. Les écologistes, comme David Suzuki qui les classe parmi les 12 pires ingrédients, appellent à les éviter. En 2008, Environnement Canada a signalé des risques pour les siloxanes D4 et D5 sur les organismes aquatiques. Une étude de Santé Canada en 2009 les a jugés biocumulatifs avec toxicité intrinsèque pour la faune, mais « sans danger pour la santé humaine », selon Beta Montemayor de l'ACCPTP. L'association collabore avec le gouvernement pour gérer les risques liés au D4.

En Europe, le D4 est classé perturbateur endocrinien. Santé Canada précise cependant : « Notre évaluation, tenant compte de l'exposition via cosmétiques, conclut à l'absence de risque pour la santé humaine aux niveaux actuels », dixit Christelle Legault.

Des marques éco-responsables, comme Live Clean (Belvedere International), optent pour des formules sans silicones : « Bien que d'origine naturelle, leur transformation chimique les rend synthétiques avec un impact écologique majeur », explique Michelle Sparrock. Burt’s Bees privilégie huiles et cires végétales.

Yves Lanctôt, chimiste québécois expert, concède qu'elles ne sont pas naturelles mais « non toxiques, très douces pour la peau, utilisables même autour des yeux. Aucune étude ne prouve de danger pour l'humain ».

Leur douceur et efficacité expliquent leur ubiquité. Pour les cheveux, Jeni Thomas (Pantene) les décrit comme essentiels : cyclométhicone et diméthicone réparent, lissent et protègent. Adaptées au type de cheveu, elles facilitent le coiffage et préviennent les fourches.

Les silicones révolutionnent maquillage et soins anti-âge. Sarah Vickery (CoverGirl) souligne leur rôle dans l'étalement fluide des fonds de teint. Victor Casale (CoverFX) vante leur résistance à l'eau. Même les rouges à lèvres longue tenue en dépendent, comme l'affirme Yves Lanctôt. Les élastomères de silicone masquent rides et ridules pour un effet tenseur.

Tout en reconnaissant leur transformation industrielle, Yves Lanctôt insiste : « Aucun ingrédient naturel ne reproduit ces résultats. C'est impossible ».

Santé Canada et Environnement Canada surveillent ces ingrédients. L'ACCPTP garantit la conformité aux normes (Santé Canada, FDA, UE). De nouvelles silicones modifiées émergent.

Pour les repérer : suffixes en « -cone », « -conol » ou « -siloxane ». Consultez la liste des ingrédients restreints de Santé Canada pour plus d'infos.

[]