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Hyperphagie boulimique : excès de table ou trouble alimentaire sérieux ?

Nous répondons à vos questions sur l’hyperphagie boulimique, un trouble alimentaire reconnu bien au-delà d’un simple abus de nourriture.

« Qu’est-ce que l’hyperphagie boulimique ? »

Il est courant de manger un peu trop lors d’un repas festif, comme un anniversaire ou en vacances. Mais l’hyperphagie boulimique va bien au-delà de ces occasions sporadiques. Selon le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition) de l’Association américaine de psychiatrie, ce trouble se définit par des épisodes récurrents de consommation excessive d’aliments en peu de temps, survenant au moins une fois par semaine pendant trois mois ou plus.

Les personnes concernées mangent souvent plus rapidement que d’habitude, en cachette, même sans faim. Elles perdent tout contrôle pendant ces crises, au point de se sentir physiquement mal à l’aise, trop rassasiées. Cela s’accompagne fréquemment de détresse émotionnelle, de culpabilité ou de dégoût.

Le diagnostic classe la sévérité de légère (1-3 épisodes/semaine) à très grave (≥14 épisodes/semaine).

« Qu’est-ce qui déclenche un épisode de compulsion alimentaire ? »

Le DSM-5 identifie des déclencheurs comme une mauvaise humeur, le stress, les restrictions alimentaires, l’insatisfaction face à son poids ou son image corporelle, ou encore la culpabilité liée à certains aliments. Cela peut créer un cercle vicieux : crise alimentaire, culpabilité, nouvelle crise.

« En quoi l’hyperphagie boulimique diffère-t-elle de la boulimie ? »

Les deux impliquent des crises de compulsion alimentaire et une perte de contrôle. Mais la boulimie inclut des comportements compensatoires comme les vomissements provoqués, l’abus de laxatifs ou l’exercice excessif. L’hyperphagie boulimique n’en comporte pas.

Plus répandue, une étude de la Faculté de médecine de Harvard montre une prévalence à vie de 3,5 % chez les femmes (vs 1,5 % pour la boulimie) et 2 % chez les hommes (vs 0,5 %).

« À quel point l’hyperphagie boulimique est-elle répandue ? »

Plus fréquente que l’anorexie et la boulimie combinées, elle reste sous-traitée. Une étude de l’OMS (2013, 14 pays) révèle que seuls 38 % des diagnostiqués reçoivent un traitement, les hommes étant moins aidés que les femmes.

« Comment en parler à mon médecin ? »

Les troubles alimentaires sont un sujet sensible, mais l’hyperphagie boulimique est désormais reconnue médicalement. Les professionnels sont mieux formés. Si vous suspectez ce trouble, consultez votre médecin de famille pour en discuter ouvertement.

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