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Pseudosciences dans les formations subventionnées : l'École de la Vie n'est pas un cas isolé

Il est temps que le gouvernement distingue les approches pseudoscientifiques des contenus scientifiquement validés dans les formations qu'il subventionne. L'École de la Vie n'est en effet pas un cas isolé.

À la Life School, la "nouvelle médecine germanique" du Dr Ryke Geerd Hamer est enseignée, une méthode qui déconseille la chimiothérapie. Ces formations bénéficient en partie d'un soutien public, via les chèques-formation et le portefeuille PME, qui remboursent une portion des frais d'inscription.

Le ministre Muyters a répondu qu'il ne souhaitait pas réformer l'ensemble du système de remboursement sur la base d'un seul cas. Pourtant, il ne s'agit pas d'un incident isolé, et le ministre devrait en être conscient.

Le gouvernement subventionne également des cours présentant des contenus pseudoscientifiques dans divers instituts, comme l'Académie Européenne, l'École de Beauté et l'École d'Entrepreneuriat. On y propose des formations de conseillère en nutrition, santé ou nutrition naturelle aux fondements douteux.

Parmi les thèmes abordés : bioénergie et biophotons, classification des humains en types terre, eau, feu et air, yin et yang, médecine chinoise traditionnelle, régime selon les groupes sanguins. Ces concepts, souvent qualifiés de pseudoscientifiques par la communauté scientifique, sont intégrés aux programmes.

Certaines formations promeuvent les monodiètes (un seul aliment pendant plusieurs jours), cures de jus ou jeûnes prolongés. Moins risqués que de rejeter une chimiothérapie contre le cancer, ces conseils ne sont pas inoffensifs.

De plus, certains programmes suggèrent que les diplômés peuvent conseiller sur des pathologies médicales comme le diabète ou les troubles cardiaques, ce qui est illégal.

Autres exemples dans les cours subventionnés : thérapie florale de Bach, médecine traditionnelle et phytothérapie, aromathérapie, thérapie par imposition des mains esséniennes ou craniosacrée à l'Académie Ignoramus de Hasselt, finançable via le portefeuille PME.

Ces instituts mettent en avant leur reconnaissance gouvernementale sur leurs sites, renforçant la crédibilité de ces formations. Les apprenants ignorent souvent que le contrôle porte sur la qualité pédagogique, non sur le contenu scientifique.

Après un article du magazine Eos sur ces dérives, le cabinet de Muyters a jugé "difficile de définir la pseudoscience", qualifiant l'évaluation des programmes de "subjective" et relevant du domaine des experts.

Cette évaluation n'est pas subjective : elle repose sur des preuves scientifiques établies. Des experts en sciences pourraient rapidement identifier les contenus non validés.

Le gouvernement a des limites à ses interventions : la liberté de croyance existe. Mais subventionner financièrement ces formations pose question.

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