Chez près de la moitié des hommes suspectés de cancer de la prostate, une IRM permet d'éviter une biopsie invasive.
Un taux élevé de PSA dans le sang peut signaler une hypertrophie bénigne, une inflammation prostatique ou un cancer. Traditionnellement, pour exclure un cancer, les médecins réalisent une biopsie par aiguille, prélevant des échantillons tissulaires à divers endroits de la prostate. Or, de nombreux hommes subissent cette procédure invasive qui s'avère inutile par la suite.
La méthode IRM est aussi fiable que la biopsie guidée par ultrasons, mais beaucoup moins invasive et plus confortable pour le patient.
Dans trois centres néerlandais, une équipe dirigée par Marloes van der Leest du Radboudumc a comparé la biopsie échoguidée classique à l'IRM prostatique, plus douce pour le patient. Les médecins effectuent une IRM de la prostate et analysent les images pour détecter un éventuel cancer. Entre 2015 et 2017, 626 hommes avec un PSA élevé ont bénéficié des deux examens. Les résultats ont été comparés.
L'étude 4M démontre que l'IRM identifie correctement les formes agressives de cancer chez environ la moitié des patients, avec une fiabilité équivalente à la biopsie échoguidée. « Grâce à l'IRM, nous pouvons diviser par deux le nombre de biopsies chez les hommes », explique le Pr Jelle Barentsz du Radboudumc, pionnier de cette technique et responsable de l'étude. « Les patients avec PSA élevé et IRM négative n'ont plus besoin de biopsie prostatique. Un suivi du PSA suffit. »
L'IRM prévient le surdiagnostic et le surtraitement du cancer prostatique : en l'absence d'anomalie visible, il est probable qu'il n'y en ait pas. Une biopsie n'est réalisée que si le médecin suspecte fortement un cancer malgré une IRM négative. Les autres patients sont épargnés.