L'immunologue Charlotte Scott, chercheuse écossaise, est l'intruse parmi les nominés du prix Eos Pipet. Dans ce blog, elle explique pourquoi elle a rejoint Gand pour ses recherches. Et oui, elle conseille à tous les jeunes scientifiques de partir à l'étranger. (Blog en français)
Comme vous l’avez remarqué, je suis un peu l’intruse parmi mes camarades Eos Pipet nominés, puisque je ne suis pas belge. Il y a plus de 5 ans, après mon doctorat à l’Université de Glasgow en Écosse, j’ai déménagé ici pour la prochaine étape : mes études postdoctorales au laboratoire du Pr. Dr. Martin Guilliams, au VIB et à l’UGent.
On me demande souvent « Pourquoi avez-vous déménagé ? ». C’est courant en science, surtout en immunologie. C’est un atout majeur : la science est un terrain international. Des labs d’excellence existent partout. Pourquoi ne pas les explorer ? Il y a tant à apprendre en changeant de laboratoire – scientifiquement avec de nouvelles techniques, modèles et collaborations, et personnellement avec d’autres cultures. Même un petit déménagement, comme de l’Écosse à la Belgique, révèle des surprises culturelles.
Bien que le déménagement soit difficile et sorte de la zone de confort, venir en Belgique a été une excellente décision. Au VIB et à l’UGent, j’ai pu élever mes recherches grâce à une infrastructure de pointe et des technologies avancées (merci à l’équipe VIB TechWatch), en collaborant avec des scientifiques de classe mondiale.
Être loin de sa famille motive, un coup de pouce parfois nécessaire. Je me suis souvent dit : « Je dois prouver que c’était le bon choix. » La vie en Belgique hors labo est formidable : rencontres enrichissantes, accueil chaleureux, et un pays de bière et chocolat !
Aujourd’hui, après mes postdocs, j’ai choisi de rester pour mon lab indépendant. J’avais prévu 4 ans seulement, mais Gand est idéal pour mes recherches, avec mon réseau, les liens cliniques et nos outils.
L’Université de Gand et la Faculté des Sciences ont validé ce choix avec un poste de professeure. J’attends le prochain défi (et plus de temps pour le flamand !). Avec ma doctorante belge Anneleen Remmerie, j’ai recruté deux postdocs internationaux, Ania Bujko (Norvège) et Christian Zwicker (Suisse), qui vivront les mêmes aventures que moi il y a 5 ans. J’espère qu’ils aimeront autant !
À ceux qui hésitent : « Dois-je partir pour un Erasmus, doctorat ou postdoc ? » Allez-y ! Tant à gagner, peu à perdre. Famille et amis peuvent visiter ; ce n’est pas permanent. Même court terme : quelques semaines pour apprendre et rapporter. J’ai ainsi visité Singapour pour des modèles chez Dr. Florent Ginhoux.
C’était un succès, Singapour formidable ! Si bénéfice pour le lab, pourquoi pas ? C’est comme ça que j’ai atterri ici : pendant ma thèse, j’ai visité Gand pour des expériences impossibles à Glasgow. Je n’imaginais pas le postdoc, ni être nominée Eos Pipet en 2019 avec mon propre lab. Mais j’ai adoré le voyage !
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