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Subventions gouvernementales pour formations douteuses : alerte des experts en santé

Les experts expriment leur vive inquiétude face à la prolifération de coachs et consultants prodiguant des conseils parfois dangereux. Le gouvernement flamand rembourse partiellement ces formations via le portefeuille PME ou les chèques formation.

L'endocrinologue Guy T'Sjoen (Université de Gand) a dénoncé dans l'émission Touché de Radio 1 l'excès d'entraîneurs et de "charlatans" facturant cher des traitements non fiables. Il cite un patient victime de conseils erronés d'un "coach en diabète". Le psychologue Wouter Duyck (UGent) dénonce également dans La norme la multiplication d'entraîneurs sans expertise.

Nous avions déjà alerté dans Eos sur ces subventions à des formations douteuses. La situation persiste.

En tant que consultant parental, on y apprend à "guérir les enfants blessés". Des cours comme la "Paume de guérison des Esséniens" enseignent l'imposition des mains. Le "Coach de vie" promet de maîtriser stress, dépression et burnout via les "lois harmoniques de la vie" et une approche "évolutive". Préférez homéopathie, énnéagrammes ou cures de purification ? Optez pour la formation de "consultant santé". Ou combattez dépression et intolérance au lactose avec des "champs biologiques".

Un ostéopathe a été poursuivi récemment pour la mort d'une adolescente de 14 ans atteinte de tuberculose, après un diagnostic et traitement alternatifs. Son académie, accessible via portefeuille PME, enseigne les causes des maux contemporains et leurs remèdes naturels.

Risque faible, mais réel

Un "coach papa" ou "coach de nettoyage" impacte surtout le budget familial. Mais pour des problèmes de santé ou psychologiques graves, s'adresser à un non-qualifié est dangereux. Bien que coachs et consultants ne puissent conseiller que des personnes en bonne santé sous peine d'exercice illégal de la médecine, les sites de formation manquent souvent de clarté. La vérification reste ardue.

Nous ne pouvons accepter la reconnaissance de ceux qui n'en ont pas.Jan Eyckmans, SPF Santé Publique

"Les commissions médicales provinciales interviennent en cas d'exercice illégal de la médecine ou d'autres professions de santé reconnues, comme psychologue", explique Jan Eyckmans du SPF Santé publique. "Cela suit souvent un signalement. Nous saisissons le parquet, car nous ne pouvons agir seuls."

Le gouvernement fédéral ne contrôle pas les contenus. En Flandre, seuls les diplômes de "coachs de prévention" en maisons de repos, "coachs d'exercice" et "coachs d'entreprise" sont vérifiés. "Ils requièrent une formation préalable adéquate et complémentaire chez des partenaires reconnus comme l'Institut flamand pour une vie saine ou les CGG", précise Nico Krols, porte-parole du cabinet de Jo Vandeurzen.

Un gouvernement n'est pas obligé de parrainer une formation pour devenir apprenti sorcier.Virologue Marc Van Ranst (KU Leuven)

Le cabinet de Philippe Muyters (Travail flamand), gérant chèques formation et portefeuille PME, admet : "Vérifier le bagage scientifique de toutes les formations est impossible. Cette expertise manque. Nous contrôlons seulement la fiabilité opérationnelle des prestataires."

"Trop fou pour être vrai", réagit Marc Van Ranst (KU Leuven), partisan des soins evidence-based. "Dire que 'cette connaissance n'est pas là' est une faille majeure. Le bon sens suffit à écarter chakras, câlins aux arbres ou tarot. Ne pas interdire, mais ne pas subventionner non plus."

"Les gens croient ce qu'ils veulent", ajoute Wouter Duyck. "Le charlatanisme est éternel. Intervenez quand la santé est menacée. Réservant certaines thérapies aux psychologues est positif. Mais pour une dépression clinique, un traitement efficace est vital. Subventionner ces formations ? Inacceptable."

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