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Microbiote intestinal de type B2 : lien avec dépression et inflammations chroniques

Un type spécifique de microbiote intestinal est associé à la fois à la dépression et aux maladies inflammatoires intestinales chroniques.

Les personnes présentant un microbiote intestinal pauvre en bactéries anti-inflammatoires sont surreprésentées chez celles souffrant de dépression ou d'inflammations intestinales. Telle est la conclusion des travaux du microbiologiste Jeroen Raes, du VIB-KU Leuven.

Pour aboutir à ce résultat, l'équipe de Raes a analysé les échantillons de selles de plus de 3 000 volontaires. Plus de 100 participants souffraient d'une inflammation chronique du système digestif, caractéristique de maladies comme la maladie de Crohn. Les autres étaient en bonne santé.

Les chercheurs ont observé que les patients inflammatoires possédaient beaucoup plus fréquemment l'entéotype B2 que les volontaires sains. Les humains présentent trois entéotypes principaux de microbiote intestinal, chacun avec ses caractéristiques propres. L'entéotype B2 est un sous-type du type Bacteroides, marqué par une faible présence de bactéries anti-inflammatoires comme Faecalibacterium. Il se distingue aussi par une diversité bactérienne réduite et une densité moindre.

Cet entéotype B2 était présent chez 38 à 78 % des patients inflammatoires, contre seulement 13 % des volontaires sains. Des analyses sanguines supplémentaires ont révélé une légère élévation des marqueurs inflammatoires chez ces derniers.

Des études antérieures de l'équipe de Raes avaient déjà établi que l'entéotype B2 est plus fréquent chez les personnes dépressives (environ 26 %).

Selon les scientifiques, les individus sains porteurs de cet entéotype ne doivent pas s'inquiéter : le microbiote peut évoluer, notamment sous l'effet de l'alimentation. De plus, la causalité reste incertaine : le microbiote pourrait favoriser l'inflammation et la dépression, ou l'inverse.

Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles recherches sur les liens entre composition intestinale et santé psychologique.

Les résultats sont publiés dans Nature Microbiology.

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