Les personnes présentant une flore intestinale appauvrie sont plus vulnérables à la surcharge pondérale et aux pathologies comme les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Chaque centimètre carré de notre intestin héberge des milliards de bactéries, formant un écosystème pesant environ 1,5 kg. Invisible à l'œil nu et longtemps mystérieux pour les scientifiques, ce microbiote intestinal joue un rôle crucial dans notre santé.
Grâce à des avancées comme les analyses génétiques de pointe, nous comprenons mieux son importance : il influence l'absorption des nutriments et médicaments, produit des vitamines, renforce le système immunitaire et interagit avec les cellules nerveuses et hormonales de l'intestin.
Une flore intestinale riche et diversifiée est associée à une meilleure santé globale. Une étude internationale récente, impliquant Jeroen Raes (VIB et Vrije Universiteit Brussel) ainsi que des microbiologistes de l'Université de Wageningen, le confirme. Basée sur l'analyse génétique du microbiote de 292 volontaires danois (dont 169 obèses), elle distingue deux groupes : ceux à haute diversité bactérienne et ceux à faible diversité (en nombre et variété d'espèces).
Le groupe à faible diversité présente un risque plus élevé de diabète et de maladies cardiovasculaires. Il compte plus d'individus obèses, avec une graisse corporelle accrue, une sensibilité à l'insuline réduite, des profils lipidiques défavorables, et des marqueurs inflammatoires élevés. Ces personnes gagnent du poids plus rapidement et abritent davantage de bactéries pro-inflammatoires, créant un cercle vicieux entre appauvrissement microbien et obésité.
Les causes d'une flore appauvrie incluent l'alimentation, l'exposition bactérienne infantile, les antibiotiques et un mode de vie trop aseptisé.
Une autre étude française publiée dans Nature montre qu'un régime pauvre en graisses peut restaurer une flore déséquilibrée chez des obèses en seulement six semaines, augmentant nombre et diversité bactériennes.
[]