Les personnes souffrant de fibromyalgie présentent une flore intestinale distincte de celle des individus en bonne santé. Ces bactéries intestinales influencent le cerveau et, par extension, le système de la douleur. Une analyse de la flore intestinale pourrait permettre un diagnostic plus précis et objectif.
Aujourd'hui, le diagnostic de fibromyalgie repose souvent sur un processus d'élimination. En cas de fatigue persistante, douleurs diffuses, troubles digestifs et céphalées inexpliqués, ce diagnostic est posé après exclusion d'autres pathologies comme les rhumatismes, et via un questionnaire spécifique. À l'avenir, une analyse du microbiote intestinal pourrait objectiver ce processus.
Des chercheurs espagnols ont comparé des échantillons de selles de plus de 100 patients fibromyalgiques à ceux de 50 témoins sains. Les résultats montrent une nette diminution des bactéries Bifidobacterium et Eubacterium chez les patients. Des études précédentes indiquent que ces souches modulent la communication cérébrale via les neurotransmetteurs. Par ailleurs, des analyses sanguines ont révélé des niveaux de glutamate – un neurotransmetteur clé – inférieurs à la normale chez ces patients.
Cette recherche renforce l'objectivité du diagnostic fibromyalgique et éclaire les mécanismes sous-jacents, ouvrant la voie à de nouveaux traitements ciblés.
Il est établi que le microbiote intestinal impacte le cerveau et le système nerveux central. Des études antérieures lient dépression, autisme et autres troubles mentaux à un microbiote altéré.
À ce jour, aucun traitement curatif n'existe pour la fibromyalgie. Les recommandations incluent l'exercice physique, la gestion du sommeil, la psychothérapie pour atténuer la perception de la douleur chronique, et parfois des antidépresseurs ou antiépileptiques.
Cette étude a été publiée dans la revue en ligne eBioMedicine.