Les antiacides gastriques figurent parmi les médicaments les plus consommés en Belgique, avec deux millions d'utilisateurs. Pourtant, leur usage n'est pas toujours recommandé.
Classés dans le top 10 des pilules les plus avalées, ces traitements réduisent la production d'acide gastrique, prévenant ainsi les reflux acides vers l'œsophage. Ils soulageant les brûlures d'estomac après un repas copieux ou le goût acide en bouche.
Récemment, l'Agence européenne des médicaments a alerté sur des impuretés potentiellement cancérogènes dans certains lots de ranitidine, un antiacide populaire. Plusieurs pays européens, dont la Belgique, ont réagi : Zantac, Ranitidine EG, Ranitidine Mylan et Ranitidine Sandoz ont été rappelés ou mis en quarantaine.
Les alternatives, comme les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) – oméprazole, lansoprazole, pantoprazole ou rabéprazole –, agissent différemment mais plus puissamment. Disponibles sans ordonnance à faible dose et remboursés partiellement sur prescription.
Remplacer la ranitidine par un IPP n'est pas sans risque à long terme. Des études suggèrent une légère réduction de l'espérance de vie, indépendamment des maladies chroniques, ainsi que des effets secondaires comme infections intestinales ou pneumonies.
Utilisés correctement et à court terme, les antiacides excellent contre l'œsophagite, le reflux gastro-œsophagien, les ulcères gastriques ou duodénaux, le syndrome de Zollinger-Ellison, ou pour prévenir les ulcères lors d'un traitement prolongé aux anti-inflammatoires.
Les antiacides sont d'excellents médicaments, mais souvent pris pour de mauvaises raisons : les maux de la richesse.
Près d'un utilisateur sur deux les consomme pour une « dyspepsie fonctionnelle » liée à un mode de vie malsain. Mieux vaut adopter des mesures hygiéno-diététiques : arrêter de fumer, perdre du poids (10 % suffit pour réduire les éructations), éviter aliments gras/épicés, boissons acides, café, chocolat, alcool, menthe. Ne pas manger avant le coucher, surélever la tête du lit, gérer le stress.
Si vous prenez des IPP, attention à l'effet rebond : l'arrêt brutal provoque une hyperproduction d'acide. En Belgique, les prescriptions longues favorisent cette dépendance. Réduisez progressivement : divisez la dose par deux tous les deux jours sur trois semaines, ou passez directement à un mode de vie sain.
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