Alors que les mauvais dormeurs ont connu des nuits encore plus difficiles durant le confinement, de nombreux télétravailleurs ont bénéficié d'un sommeil supplémentaire. Telle est la conclusion d'une étude internationale menée par le spécialiste du sommeil Olivier Mairesse (VUB, ULB et CHU-UVC Brugmann).
Cette enquête, réalisée en ligne dans onze langues auprès de plus de 7 000 participants entre début avril et fin mai 2020, révèle que le télétravail peut positivement influencer le sommeil. Les personnes exemptées de présence physique au bureau ont pu librement choisir leurs heures de coucher et de lever, alignant ainsi mieux leurs rythmes sur leurs besoins physiologiques. De plus, le moindre risque d'infection au Covid-19 a réduit leur stress. Parmi d'autres facteurs probables figurent la suppression des trajets stressants, une flexibilité horaire accrue et un meilleur équilibre vie professionnelle-personnelle.
Malheureusement, le confinement a aggravé les troubles du sommeil pour beaucoup. Ces personnes passaient plus de temps au lit sans dormir davantage. Chez celles déjà atteintes d'insomnie avant la crise – caractérisée par un sommeil non réparateur, des difficultés d'endormissement ou de maintien du sommeil, une irritabilité, une fatigue, des troubles de concentration et de mémoire, ou des symptômes dépressifs – le temps d'endormissement a augmenté jusqu'à 25 minutes. Ce groupe a dormi en moyenne 45 minutes de moins que les autres. La prévalence de l'insomnie a explosé : 19 % des participants rapportaient des symptômes modérés à sévères, contre seulement 7 % avant la pandémie.
Lors du confinement, nous avons interrogé le Dr Olivier Mairesse sur cette étude et les troubles du sommeil en général. Écoutez cette conversation ici ou via votre podcast préféré.
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