Auteur : Robert Stegall
Jacksonville, Floride.
Les chercheurs ont identifié une piste prometteuse pour contrer le déclin physique lié à l'âge : les télomères. Ces séquences d'ADN non codantes, situées aux extrémités des chromosomes, protègent ces derniers des dommages et influencent le vieillissement cellulaire.
Les télomères protègent les chromosomes. Lors de chaque division cellulaire, une partie du télomère n'est pas répliquée, le raccourcissant progressivement. Après 50 à 100 divisions, ils deviennent trop courts, empêchant la division : c'est la sénescence cellulaire, marque du vieillissement.
Des télomères courts sont associés à des signes de vieillissement comme la peau ridée ou le déclin immunitaire. Chez les enfants atteints de progeria, une maladie accélérant le vieillissement, on observe des télomères exceptionnellement courts.
La télomérase, enzyme clé, reconstruit les télomères. Active tôt dans le développement embryonnaire, son injection en laboratoire restaure les télomères courts, permettant une division quasi illimitée (« Fountain of Youth », février 1999).
Attention toutefois : la télomérase est présente dans plus de 90 % des cellules cancéreuses, favorisant leur prolifération incontrôlée. Étudier cette enzyme éclaire vieillissement et cancer.
Si les télomères jouent un rôle dans le vieillissement, ils ne l'expliquent pas seul. Les souris, aux télomères plus longs, vivent moins longtemps que les humains. « Les données ne sont pas concluantes », note Sheila Stewart, biologiste du cancer au Whitehead Institute (MIT). Le vieillissement résulte de multiples facteurs. La recherche progresse.
Édité par Bob Sillery
Recherche : Reed Albergotti, Rob Barnett, Emily Bergeron