Pour analyser les habitudes de sommeil en conditions réelles, les chercheurs recourent désormais à des bracelets innovants plutôt qu'à des laboratoires traditionnels, où le sommeil est souvent perturbé.

"Il n'existe pratiquement aucun moyen d'étudier le sommeil en détail sur une longue période dans un environnement quotidien. Difficile d'équiper quelqu'un d'un EEG portable à installer chez lui pendant cinq mois", explique le chronobiologiste Till Roenneberg de la LMU Munich.
C'est pourquoi Roenneberg et son équipe ont testé des actimètres, des bracelets enregistrant les mouvements des bras. Abordables (environ 150 €), similaires aux trackers grand public, ils sont "simples, transparents et idéaux pour les recherches à long terme", selon Roenneberg. Moins précis qu'un laboratoire, ils excellent par leur facilité d'usage et leur scalabilité.
Sur 574 participants et plus de 20 000 jours de données, les analyses révèlent un rythme des mouvements nocturnes : pics et creux correspondent aux phases de sommeil. Moins de mouvements indiquent un sommeil profond, plus de mouvements un sommeil léger ou paradoxal.
Cette méthode objective évalue l'impact de changements comme les horaires scolaires ou l'éclairage domestique. Roenneberg : "Aujourd'hui, on se fie à la durée du sommeil et aux retours subjectifs. Les actimètres offrent un test fiable pour mesurer les améliorations de qualité."