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Écosse : une grande étude sur les effets à long terme du COVID-19 pour tous les cas positifs

Les chercheurs écossais ambitionnent de cartographier les conséquences à long terme du COVID-19 chez l'ensemble des adultes ayant été testés positifs.

La majorité des patients COVID-19 se rétablissent rapidement et complètement, mais les données collectées depuis le début de la pandémie révèlent que de nombreux patients souffrent de symptômes persistants pendant des semaines, voire des mois au-delà des attentes. Les estimations du nombre de cas de COVID long varient sensiblement.

Pour la professeure Jill Pell, spécialiste en santé publique à l'Université de Glasgow, il est essentiel de quantifier précisément le nombre de personnes atteintes de COVID long et d'identifier ses effets à long terme. Cela permettra aux médecins de détecter précocement les problèmes, d'offrir les meilleurs traitements et soins, et de prédire qui aura besoin de soutien continu.

Pour y parvenir, la professeure Pell dirige le projet de recherche ambitieux CISS (Covid in Scotland Study). Tous les adultes écossais testés positifs au COVID-19 seront bientôt invités à installer une application dédiée. Celle-ci interroge sur leur santé physique et mentale avant et après l'infection, la durée d'impact de la maladie, et les symptômes ressentis. Des questionnaires seront envoyés à 12, 18 et 24 mois après le premier test positif. Des entretiens individuels approfondis sont également prévus pour certains participants.

Symptômes récurrents

Un groupe témoin composé d'adultes écossais testés négatifs au COVID-19 recevra les mêmes questionnaires, afin de mieux comparer les différences avec les personnes infectées.

Des études sur les effets à long terme du COVID-19 existent déjà, mais elles se concentrent souvent sur les patients hospitalisés, ne couvrant qu'une minorité des cas. Les symptômes persistants les plus fréquents identifiés sont la détresse respiratoire et la fatigue, bien d'autres existent. Certaines personnes se rétablissent initialement, mais voient leurs symptômes réapparaître plus tard.

La Dre Eva Van Braeckel, pneumologue à l'UZ Gent, juge cette étude prometteuse, surtout si elle est prospective. Les enquêtes rétrospectives risquent un biais de rappel dû à des souvenirs inexacts. « Idéalement, il faut interroger prospectivement chaque Écossais testé positif pour des résultats fiables », souligne-t-elle.

La professeure Sabeth De Waele, cheffe de la médecine intensive à l'UZ Brussel, trouve le concept intéressant pour la Belgique, sans connaissance d'un projet similaire local. Elle plaide pour une approche multicentrique.


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