Alors que la fin de la pandémie semblait proche, l'émergence de la variante Delta du coronavirus a ralenti les progrès. En Flandre, où le taux de vaccination est élevé, la situation reste gérable, mais une dégradation reste possible, y compris chez nous.
La Flandre peut légitimement se féliciter de son taux de vaccination contre le COVID-19, bien supérieur à la moyenne belge de 51 % observée dans les provinces wallonnes à l'époque. Dans les pays en développement, ce taux n'atteint en moyenne que 1,36 % de la population. L'accès aux vaccins y est extrêmement limité, et les vaccins à ARNm y sont quasi absents.
Malgré les débats sur la levée des brevets – le Parlement européen s'y étant prononcé en juin pour faciliter la distribution dans les pays les plus pauvres –, les vaccins restent rares dans ces régions en raison d'un manque criant d'infrastructures de production et de distribution.
Ainsi, la variante Delta, hautement contagieuse, continue de se propager massivement parmi les populations non vaccinées. Cela représente un risque pour les pays à forte couverture vaccinale : tant que le virus circule librement, de nouvelles variantes plus contagieuses et potentiellement plus virulentes peuvent émerger et nous atteindre, rendant les vaccins actuels moins efficaces.
La vaccination s'est révélée hautement efficace contre le COVID-19, comme l'ont démontré de nombreuses études. Les vaccins disponibles protègent également contre la variante Delta. Les personnes vaccinées peuvent donc se rassurer. Cependant, tant que le virus circule intensément dans les pays à faible vaccination, le risque de nouvelles variantes plus dangereuses persiste.
Voici le mécanisme : lors d'une infection, les cellules de l'hôte produisent des milliards de copies du virus. Pour le COVID-19, une personne infectée génère entre 1 et 100 milliards de copies. Ces replications ne sont pas toujours parfaites et comportent des mutations mineures, généralement sans impact. Rarement, elles augmentent la contagiosité ou la gravité. Au cours des 18 premiers mois de pandémie, les variantes Alpha (britannique) et Delta (indienne) ont émergé, plus transmissibles, provoquant de nouvelles vagues.
Plus le virus circule, plus les opportunités de mutations augmentent. Il est impossible d'exclure que de futures variantes échappent aux vaccins actuels.
La solution unique : vacciner le monde entier au plus vite. Les experts estiment ce coût à 50-70 milliards de dollars, un investissement réaliste. Laisser le virus se propager dans les pays en développement générera inévitablement des coûts bien supérieurs.
Tandis que la moitié des habitants des pays riches est vaccinée, à peine 1 % le sont dans les pays en développement. Le virus y circule donc librement, favorisant l'émergence de variantes potentiellement résistantes aux vaccins. Seule une vaccination mondiale, soutenue par un financement adéquat pour la production et la distribution, mettra fin à cette menace.