Les souvenirs peuvent être réactivés pendant le sommeil, les ancrant plus solidement dans la mémoire.

L'idée que notre mémoire est activement sollicitée durant la nuit pour consolider les événements de la journée gagne en crédibilité. Deux études récentes démontrent que les souvenirs réactivés pendant le sommeil sont mieux mémorisés.
Le sommeil profond joue un rôle clé dans la capture et la préservation des souvenirs, comme le confirment des recherches chez l'humain et l'animal. Les scanners cérébraux révèlent que, durant ce stade, les mêmes zones impliquées dans le stockage et le rappel des expériences diurnes s'activent. Le cerveau semble ainsi "ruminer" ces événements pour les ancrer durablement.
Le neuroscientifique néerlandais Eelco van Dongen, de l'UMC St Radboud, a utilisé un scanner cérébral pour influencer la mémoire via des sons. Des volontaires ont vu des photos d'objets quotidiens (bouilloire, chat, horloge, etc.), associées à des sons et à des positions spécifiques sur écran (ex. : chat en haut à droite, bouilloire en bas à gauche).
Après apprentissage, leur mémoire a été testée en scanner, identifiant l'activation du parahippocampe (mémoire spatiale) et des zones visuelles postérieures. Van Dongen : "Ces activations cérébrales correspondent précisément aux processus de mémorisation."
Stimulation ciblée de la mémoire
Après ce test, les volontaires ont dormi en scanner. En sommeil profond, des sons liés à la moitié des images ont été diffusés sans les réveiller. Résultat : réactivation du parahippocampe, renforcement des connexions avec les aires visuelles et activation de l'hippocampe. Plus l'activité était forte, meilleure était la rétention post-sommeil. Publiés dans PNAS, ces résultats valident la réactivation nocturne et ouvrent la voie à un contrôle sonore de la mémoire.
Van Dongen : "Les zones actives lors de l'apprentissage se réactivent en sommeil profond. Nos travaux suggèrent un pilotage externe via stimuli sonores, une piste à explorer davantage."
Apprentissage musical en dormant
Une étude de l'Université Northwestern corrobore ces findings. Des volontaires ont appris deux mélodies, puis entendu l'une durant une sieste (20 diffusions de 4 minutes). Post-sieste, performances améliorées pour la mélodie diffusée en sommeil, selon Nature.
Les chercheurs concluent qu'une stimulation auditive non perturbante booste la mémoire, potentiellement via modifications neuronales motrices et mémorielles. Des études futures évalueront l'efficacité à long terme et les risques. (idr)