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Harcèlement scolaire : pourquoi les enseignants peinent-ils à l'endiguer ?

Les enseignants manquent souvent d'outils adaptés pour mettre fin au harcèlement dans leurs classes.

L'intimidation touche presque toutes les classes. Les enfants victimes se sentent isolés, anxieux et tristes. Les conséquences à long terme sont graves : les victimes présentent un risque accru de dépression à l'âge adulte.

Les enseignants se sentent démunis. Leur formation initiale ne les prépare pas à détecter les signaux subtils du harcèlement. Pire, sous la pression, certains minimisent le problème ou détournent le regard.

Depuis quelques années, la perception du harcèlement a évolué. Autrefois vu comme inoffensif ou formateur, il est aujourd'hui reconnu pour ses effets néfastes. Les médias en parlent abondamment et, depuis 2015, les écoles ont une obligation légale d'assurer un environnement socialement sûr.

La pression sur les enseignants s'intensifie : au-delà de la transmission des savoirs, ils doivent résoudre des conflits sociaux comme le harcèlement. Pourtant, malgré ces attentes élevées, ils restent sous-équipés pour agir efficacement.

Le rôle de l'enseignant trop négligé dans la formation

Ce déficit s'explique par le faible accent mis sur le harcèlement dans la formation des enseignants. Même dans des programmes réussis comme KiVa, le rôle des enseignants est sous-estimé. Leurs responsabilités s'élargissent sans outils adéquats.

Une intervention efficace commence par une détection fine

Ma recherche doctorale confirme la nécessité d'une meilleure formation à la détection. Les intimidateurs agissent discrètement, hors de vue des adultes. Les enseignants surestiment souvent leur vigilance et comptent sur les victimes pour signaler les faits – or, celles-ci se taisent majoritairement.

Il est crucial d'apprendre aux enseignants à repérer les signes indirects et à admettre que l'absence de signal visible n'exclut pas le harcèlement.

Les enseignants minimisent parfois : « Pas d'intimidation dans ma classe »

Mes études révèlent une tendance à la minimisation. Malgré sa prévalence, certains enseignants nient son existence ou accusent les victimes d'exagération – souvent par peur de l'échec sous pression.

Il faut un climat bienveillant où enseignants, parents et direction acceptent que le harcèlement touche la plupart des classes, sans que cela remette en cause la compétence des professeurs.

Combattre le harcèlement : une tâche chronophage sans solution miracle

Les enseignants, déjà surchargés, manquent de temps pour une vigilance constante. Lutter contre le harcèlement exige un investissement soutenu, sans recette magique.

Pourtant, on leur demande toujours plus. Les formations doivent inclure explicitement la détection et la gestion du harcèlement. Créons un environnement où ils osent en parler ouvertement et allouons-leur du temps dédié.

Cet article est également paru sur Social Issues : https://www.socialevragen.nl/leerkracht-zijn-nog-onvoldoende-toegerust-om-pesten-te-stoppen/

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