Le Covid-19 ne se limite pas aux troubles respiratoires et à la fièvre : il entraîne souvent une perte d'odorat et même des accidents vasculaires cérébraux (AVC). « Une infection peut avoir des conséquences neurologiques à long terme », explique le Pr Paul Boon, neurologue à l'UZ Gent.
« Nous ne le savons pas avec certitude. Deux voies sont envisagées : via le sang ou via les nerfs. La perte d'odorat, souvent premier symptôme avant les signes respiratoires, suggère une entrée par le nerf olfactif, menant au système limbique (structures cérébrales liées aux émotions), point vulnérable du cerveau. L'accès sanguin semble improbable, la barrière hémato-encéphalique étant très sélective. »
« Oui, chez les patients graves, des caillots sanguins sont fréquents, pouvant mener à un AVC. Une fois formé, un tel caillot nécessite une surveillance à vie et un traitement médicamenteux. »
« D'abord, risque de neurodégénérescence : perte de cellules cérébrales pouvant causer troubles mnésiques ou moteurs. Ensuite, maladies auto-immunes : le Covid-19 induit une « tempête de cytokines », inflammation excessive altérant la respiration et le cerveau (associée auparavant à Alzheimer et Parkinson). À l'UZ Gent, nous testons la stimulation électrique cérébrale pour la contrer.
Un autre mécanisme : anticorps post-infection pouvant attaquer la myéline (gaine des nerfs essentiels à la communication neuronale ; détruite dans la SEP), perturbant sa production et causant des déficits neurologiques. »
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