Un nouveau modèle scientifique explique le développement des acouphènes suite à des dommages auditifs, ouvrant des perspectives thérapeutiques prometteuses.
Les acouphènes surviennent souvent après une exposition à un bruit intense, comme lors d'un concert. Ces bourdonnements persistants dans les oreilles peuvent devenir chroniques, entraînant des troubles du sommeil et une dépression. Le sifflement correspond précisément à la fréquence que l'oreille lésée ne perçoit plus.
Selon les neuroscientifiques Patrick Kraus et Holger Schulze, dans Eos Psyche&Brain (2020), les acouphènes sont un effet secondaire d'un mécanisme compensatoire de l'audition. Lorsque un son est trop faible, le système auditif y superpose un « bruit » généré par les neurones somatosensoriels, qui traitent les sensations tactiles, les étirements musculaires et les positions articulaires. Ces neurones sont connectés à la cochlée.
Si ce modèle est validé, un bruit externe pourrait remplacer le bruit interne et prévenir les acouphènes.
Normalement, les signaux somatosensoriels sont inhibés dans la cochlée. Mais après un dommage auditif, à une fréquence spécifique, cette inhibition disparaît, laissant place au bip perçu.
Un Flamand ou un Néerlandais sur vingt est touché par les acouphènes. Aucun traitement efficace n'existe à ce jour.
Si le modèle de Kraus et Schulze est confirmé, un bruit externe pourrait contrer les acouphènes. Des tests sur des souris exposées au bruit, suivies de sept jours d'exposition à un bruit ambiant de salon, ont montré qu'un seul animal sur huit développait des acouphènes, contre la moitié dans le groupe témoin. Des essais humains sont en cours.
Source : Université Friedrich-Alexander, Allemagne