Certains bourdons possèdent une langue allongée pour butiner le nectar des fleurs profondes. Cependant, le réchauffement climatique réduit la prévalence de ces "langues longues" chez ces espèces.

Le changement climatique modifie des traits inattendus chez les abeilles, comme la longueur de leur langue. Des chercheurs américains l'ont démontré en comparant des spécimens des années 1970 à ceux d'aujourd'hui.
Dirigée par Nicole Miller-Struttmann de l'Université Washington à Saint-Louis, l'équipe s'est rendue dans les montagnes Rocheuses du Colorado. Ils ont étudié deux espèces de bourdons à longues langues : Bombus sylvicola et Bombus balteatus. Les mesures ont été comparées à celles d'archives datant de 1966 à 1980.
Les résultats sont éloquents : la langue de B. balteatus s'est raccourcie de plus de 2 mm dans certains cas, passant d'environ 8 mm à moins de 6 mm. Chez B. sylvicola, la réduction est similaire, d'environ 5,5 mm à moins de 4 mm.
Explication ? Le réchauffement climatique favorise des fleurs au nectar moins profond. La sélection naturelle privilégie ainsi les bourdons à langues courtes, mieux adaptés. Résultat : les fleurs profondes restantes sont moins visitées, créant un cercle vicieux qui menace les mutualismes pollinisateurs essentiels. Les chercheurs alertent sur la destruction de partenariats écologiques cruciaux. (adw)
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