Des études néerlandaise et américaine révèlent l'efficacité de nouveaux médicaments et approches pour combattre diverses formes de maux de tête sévères.
Des chercheurs américains ont évalué l'eptinezumab, un médicament connu pour prévenir les crises de migraine, dans le traitement aigu des attaques. Près de 500 patients atteints de migraines légères à sévères ont reçu soit un placebo, soit l'eptinezumab par voie intraveineuse, de 1 à 6 heures après le début de la crise.
Selon les résultats publiés dans le JAMA, les patients traités à l'eptinezumab ont vu leur douleur diminuer après 4 heures, contre 9 heures pour le placebo. Les symptômes associés les plus gênants (nausées, photophobie, phonophobie) se sont atténués plus rapidement : 2 heures pour le médicament, 3 heures pour le placebo. Enfin, moins de patients sous eptinezumab ont eu recours à des médicaments de secours dans les 24 heures suivantes.
« Les patients qui doivent parfois se rendre à l'hôpital en urgence peuvent en bénéficier. » Prof. Jan Versijpt, neurologue
Le Pr Jan Versijpt, neurologue et coordinateur de la Clinique des douleurs crâniennes et faciales à l'Hôpital universitaire de Bruxelles, explique : « Lors d'une crise de migraine, une grande quantité de protéine CGRP est libérée. L'eptinezumab, un anticorps, la bloque. On savait qu'il prévient les crises ; cette étude montre qu'il soulage aussi la douleur aiguë. »
Le Pr Versijpt reste nuancé : « C'est une étude intéressante, mais en analgésique aigu, il est seulement légèrement supérieur aux traitements existants. Il convient particulièrement aux migraines sévères nécessitant des urgences hospitalières. »
Une seconde étude, publiée dans The Lancet, porte sur les céphalées en grappe, forme rare mais extrêmement douloureuse survenant par salves courtes, plusieurs fois par jour – surnommée « mal de tête suicidaire ». Des chercheurs néerlandais ont implanté un neurostimulateur sous-cutané à l'arrière de la tête chez 130 patients, stimulant les nerfs occipitaux pendant 6 mois : à 100 % ou 30 % d'intensité.
Les deux groupes ont vu le nombre d'attaques et l'intensité de la douleur diminuer en quelques semaines. Le Pr Versijpt salue cette « excellente nouvelle pour les patients atteints d'algie vasculaire de la face, pour qui les options étaient limitées ». Il note toutefois un scepticisme sur le groupe témoin (stimulation faible), possible effet placebo : « L'effet placebo est puissant. Des études futures devront clarifier le mécanisme. Je suis d'accord avec les auteurs. »
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