La stimulation non invasive des zones frontales du cerveau permet aux fumeurs de réduire significativement leur consommation quotidienne de cigarettes.
Des chercheurs taïwanais ont analysé les résultats de douze études précédentes évaluant les effets de la stimulation cérébrale sur le sevrage tabagique. Au total, plus de 700 fumeurs y ont participé. L'objectif était de déterminer quelle méthode de stimulation cérébrale non invasive offrait l'impact le plus important sur la réduction du tabagisme. Certains participants ont reçu une stimulation magnétique transcrânienne (TMS) ou une stimulation électrique transcrânienne à courant continu (tDCS), ciblant des zones cérébrales sans incision du crâne. Ces groupes ont été comparés à des fumeurs sans traitement ou recevant un placebo.
Les résultats indiquent que la TMS appliquée au cortex préfrontal dorsolatéral de l'hémisphère gauche produit l'effet le plus marqué sur le nombre de cigarettes consommées par jour. Situé à l'avant du cerveau, ce cortex joue un rôle clé dans les envies de nicotine et le contrôle comportemental. D'autres approches efficaces incluent la TMS bilatérale du cortex préfrontal dorsolatéral et la tDCS sur la même zone.
Judy Luigjes, psychologue et neuroscientifique au Centre médical universitaire d'Amsterdam (non impliquée dans l'étude), insiste sur la nécessité de recherches supplémentaires sur les effets durables. « Peu d'études ont examiné les impacts à long terme de la stimulation cérébrale dans le sevrage tabagique. Cette méta-analyse confirme un effet supérieur pour la zone frontale gauche, mais les données sur la persistance des bénéfices font défaut. Des études antérieures montrent souvent une atténuation des effets avec le temps. » Elle tempère ainsi l'enthousiasme : « Les preuves restent limitées et la durabilité des résultats incertaine. »
Ces techniques sont également testées contre d'autres addictions (alcool, cocaïne, méthamphétamine). Luigjes reste prudente : « L'addiction est multifactorielle – biologique, psychologique et environnementale. La stimulation cérébrale seule ne suffira pas pour tous et n'est pas une solution miracle. »
Les résultats sont publiés dans la revue Addiction.
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