L'ancêtre commun le plus récent des lignées masculines et féminines a vécu approximativement à la même période.

Les études génétiques indiquaient depuis longtemps que notre "Ève mitochondriale" primitive précédait l'"Adam chromosomique Y". Des chercheurs de l'Université de Stanford réfutent cette idée : les deux ancêtres auraient coexisté.
Les informations héréditaires se transmettent de génération en génération. Un nouveau-né reçoit généralement un mélange d'ADN paternel et maternel. Deux exceptions notables : le chromosome Y, exclusif aux hommes, et l'ADN mitochondrial (situé dans les mitochondries cellulaires), transmis uniquement par la mère. Ces marqueurs permettent de dater les ancêtres primaires des deux sexes.
Des recherches antérieures situaient l'Ève mitochondriale bien avant l'Adam Y. Une équipe de l'Université de Stanford, dirigée par le Dr David Poznik, a analysé les génomes de 69 hommes issus de neuf populations mondiales. Ils ont scruté les variations du chromosome Y, sujet à mutations.
En cataloguant des milliers de mutations et en les corrélant à des données archéologiques, les scientifiques ont calibré leur rythme. Une variante unique aux premiers Américains, datée de l'arrivée de l'Homo sapiens sur le continent, a permis d'affiner le calcul. Résultat : le chromosome Y ancestral émerge il y a 120 000 à 156 000 ans.
La même méthode appliquée à l'ADN mitochondrial date Ève entre 99 000 et 148 000 ans. Publiée dans Science, cette étude démontre que ces ancêtres mythiques ont foulé la Terre en contemporains.
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