Les archives d'un maître de poste du XVIIe siècle ont été redécouvertes au Musée de la communication de La Haye. Un coffre renferme 2 600 lettres jamais livrées, dont 600 encore scellées.

Provenant majoritairement de France, ces lettres étaient conservées par Simon de Brienne, maître de poste à La Haye, et son épouse Maria Germain. Si les destinataires avaient déménagé, étaient décédés ou refusaient le courrier, les missives restaient inviolées. Au lieu de les détruire, les Brienne les ont préservées, formant aujourd'hui un trésor historique : 2 600 messages foisonnant de commérages, scandales et intrigues.
Des chercheurs des universités de Leiden, Groningen, Oxford, Yale et MIT analyseront ces lettres pour la première fois. Ils examineront non seulement leur contenu, mais aussi les techniques de pliage et de scellement.
Les lettres scellées seront lues sans être ouvertes, grâce à la tomographie à rayons X, une technologie avancée utilisée pour les manuscrits de la mer Morte. Ainsi, l'intégrité des sceaux est préservée.
Une collection unique
La particularité de cette collection réside dans les lettres restées pliées. « La façon de plier une lettre était très personnelle, comme une signature », explique David van der Linden, directeur de recherche à l'université de Groningen. « Nous parlons de "verrouillage des lettres" : des méthodes pour sécuriser le pliage et empêcher toute lecture clandestine. Ce domaine de recherche novateur trouve ici un terrain d'étude inédit. »
Ces correspondances éclairent aussi la vie des gens ordinaires, notamment les familles huguenotes exilées. « Beaucoup de huguenots ont fui les persécutions sous Louis XIV, tandis que d'autres sont restés en France. Le courrier était leur seul lien. Ces lettres illustrent les tourments émotionnels de la séparation », ajoute van der Linden.
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