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L'humanité est-elle moins violente qu'autrefois ? Une analyse scientifique approfondie

Tout au long de l'histoire humaine, la proportion de la population décédée par suite de guerres ou de violence a diminué. Cela signifie-t-il que nous sommes intrinsèquement moins violents aujourd'hui ?

L humanité est-elle moins violente qu autrefois ? Une analyse scientifique approfondieL humanité est-elle moins violente qu autrefois ? Une analyse scientifique approfondie

En chiffres absolus, les guerres actuelles font plus de victimes qu'autrefois, en raison d'armes bien plus destructrices que les haches, lances ou épées du passé. Pourtant, de nombreux scientifiques affirment que nous vivons dans la période la plus paisible de l'histoire de l'humanité. En effet, les victimes représentent aujourd'hui un pourcentage bien plus faible de la population mondiale.

Guerres humaines versus guerres chez les chimpanzés

Les États centralisés, avec leur gouvernement bureaucratique, perdent une proportion moindre de leur population en temps de guerre que les petites communautés de chasseurs-cueilleurs. Est-ce par moindre sanguinarité ? Non, selon les anthropologues américains Dean Falk et Charles Hildebolt. Ils invoquent un effet de dilution : dans un groupe plus grand, les chances d'être personnellement affecté diminuent. « Les habitants des petites communautés sont plus vulnérables, non plus violents », écrivent-ils.

Dans leur étude publiée ce mois-ci, Falk et Hildebolt ont comparé taille des populations et mortalité guerrière dans divers conflits : Première et Seconde Guerres mondiales, guerres tribales, et même affrontements entre groupes de chimpanzés voisins. Chez les humains comme chez les chimpanzés, la proportion de victimes diminue avec la taille du groupe. Ils concluent par ailleurs que les humains sont nettement plus violents que les chimpanzés.

Commerce plutôt que guerre

Le psychologue Steven Pinker soutient que l'humanité devient moins violente. Dans son ouvrage de 2011, Les Meilleurs Anges de notre nature, il explique que les États réduisent la violence en favorisant le commerce et les réseaux économiques, au détriment des vendettas et querelles tribales. Il conteste Falk et Hildebolt : « Pour plusieurs pays impliqués dans les guerres mondiales, la taille de la population n'est pas corrélée aux pertes, notamment car éloignés du front », déclare-t-il à ScienceNews.

Le politologue Azar Gat partage cet avis. « Dans les jeunes États, les meurtres et massacres diminuent grâce aux lois imposées par le gouvernement. Les guerres se mènent souvent au loin, par une armée représentant une faible part de la population. Au cours des deux derniers siècles, les conflits entre nations industrialisées ont diminué, grâce à une concurrence économique pacifique. »

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