L'eau piégée dans les sédiments du fond d'un lac mexicain témoigne d'une sécheresse extrême.
La grande sécheresse survenue entre 800 et 1000 apr. J.-C., qui a probablement contribué à l'effondrement de la civilisation maya, fascine à l'heure du changement climatique. Des scientifiques ont analysé les sédiments du lac Chichancanab, sur la péninsule du Yucatán au Mexique, pour quantifier précisément son intensité.
Des études antérieures sur les coquilles d'invertébrés du fond lacustre montraient une enrichment en isotopes lourds d'oxygène lors de l'évaporation. Cependant, la croissance réduite de ces organismes pendant les périodes sèches limitait la fiabilité de cette méthode.
Les couches de gypse, qui se déposent lors de sécheresses intenses, offrent une approche plus robuste. Aujourd'hui encore, l'eau du lac est saturée en gypse ; une baisse brutale du niveau provoque sa précipitation. Le rapport isotopique de l'oxygène dans ce gypse, modélisé informatiquement, indique une sécheresse moyenne près de 50 % plus sévère que les siècles précédents.
Cette aridité a dû ravager la culture du maïs, pilier de l'alimentation maya. Ces données climatiques précises permettront d'affiner les modèles de simulation agricole maya.
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