Les chercheurs suggèrent que les restes humains étudiés pourraient être les plus anciens d'Europe occidentale.

À propos des premiers vestiges de notre espèce en Europe occidentale, décrits en 2011 dans la revue Nature, plusieurs controverses persistent. Ces fossiles ont été trouvés en des lieux inattendus, comme le talon de l'Italie et la côte sud de l'Angleterre. Les auteurs d'un article publié cette semaine sur le site de la prestigieuse revue Science suggèrent que leurs vestiges pourraient être les plus anciens.
Ils avancent un argument solide : l'extraction réussie de l'ADN de deux incisives découvertes dans le nord de l'Italie. Des analyses comparatives avec l'ADN d'autres hominidés confirment quasi sans équivoque qu'il ne s'agit pas de dents de Néandertal, notre cousin préhistorique dominant sur ce continent.
Dirigée par Stefano Benazzi de l'Université de Bologne, l'équipe réfute une nouvelle fois l'idée que les Néandertaliens avaient inventé les technologies ultérieurement apportées par les humains anatomiquement modernes venus du Moyen-Orient. Ces dents proviennent d'une couche stratigraphique contenant de nombreux outils primitifs.
Selon les chercheurs, ces artefacts datent du Protoaurignacien, période précédant l'Aurignacien (45 000-35 000 ans), époque de la conquête européenne par Homo sapiens. Les éclats de pierre tranchants, utilisés comme scalpels ou pointes de flèches, étaient alors plus rudimentaires, et les bijoux, gravures ou instruments de musique beaucoup plus rares.
Ces objets appartiennent donc à des humains anatomiquement modernes, concluent les scientifiques, et non aux Néandertaliens. L'expert en Néandertal Nicholas Conard, dans un commentaire, n'est pas surpris mais questionne l'existence même du Protoaurignacien en tant que période distincte.
Cette découverte renforce l'hypothèse d'une supériorité technologique d'Homo sapiens ayant contribué à la disparition des Néandertaliens, survenue à la même époque.