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Rencontre intime avec les Néandertaliens : le génome d'une femme vieux de 100 000 ans

Le génome d'une femme néandertalienne âgée de 100 000 ans révèle des indices fascinants sur la vie sexuelle de nos ancêtres.

Des chercheurs ont analysé les restes d'un Néandertalien découverts dans le sud de la Sibérie. Ces découvertes indiquent que nos ancêtres Homo sapiens ont eu des rapports sexuels avec cette espèce éteinte il y a environ 100 000 ans. L'analyse du génome néandertalien montre que les humains modernes ont croisé cette espèce bien plus tôt que ne le supposaient les scientifiques auparavant, avec des implications majeures pour notre histoire évolutive.

Ust'-Ishim

Il est établi depuis longtemps que Néandertaliens et humains modernes se sont hybridés. Les chercheurs estimaient toutefois que ces rencontres dataient d'environ 60 000 ans. Les restes anciens d'Ust'-Ishim, un Homo sapiens, prouvent que les Néandertaliens partageaient leur territoire avec les humains modernes. Jusqu'à récemment, Ust'-Ishim était le fossile anatomiquement moderne le plus ancien connu. La découverte récente d'une Néandertalienne lui dispute désormais ce titre.

Bons gènes

Les hybridations entre Néandertaliens et Homo sapiens ont laissé une empreinte génétique durable. Ainsi, environ 4 % de notre ADN provient d'espèces archaïques. Ces gènes ont souvent favorisé l'évolution humaine. Par exemple, les Européens et Eurasiens doivent leur peau plus claire aux Néandertaliens, via le gène BNC2 responsable de la pigmentation cutanée, selon une étude de l'Université de Harvard. Cela a aidé Homo sapiens à s'adapter aux latitudes nordiques. La kératine, protéine protégeant peau, cheveux et ongles contre le froid, est également un héritage néandertalien.

Tous les apports génétiques n'ont pas été positifs. Certains croisements ont introduit des prédispositions à des maladies comme le diabète de type 2, les troubles auto-immuns et la maladie de Crohn, inflammation chronique de l'intestin.

Mise à jour de l'historique

Ces données obligent à réviser les modèles de migration des Homo sapiens. Longtemps, on pensait à une sortie massive d'Afrique. Or, la présence de cette Néandertalienne en Sibérie suggère que certains groupes humains ont quitté le continent plus tôt, aucun Néandertalien n'ayant été trouvé en Afrique. Notre histoire évolutive doit donc être réécrite. (AW)


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