La Belgique est célèbre pour son chocolat et sa bière, mais dans les années 1920 et 1930, son produit d'exportation phare était le radium, issu d'une usine à Olen, en Campine. L'héritage de ce passé radioactif reste encore largement inexploré.

L'arrivée de la production de radium, alimentée par des minerais du Congo belge, a transformé Olen de manière irréversible après la Première Guerre mondiale. À côté de l'usine en constante expansion, un quartier-jardin de 260 logements a été construit. Travailler « dans le radium » était alors un privilège : les employés ignoraient les effets cancérigènes de ce « médicament miracle », utilisé non seulement contre le cancer, mais aussi dans divers produits de bien-être.
Entre les deux guerres, la Belgique dominait les quatre cinquièmes du marché mondial grâce aux ressources congolaises et à une méthode d'extraction innovante développée à Olen. La production s'est arrêtée en 1975, l'usine démolie au début des années 1980. Pourtant, les déchets radioactifs – faiblement et hautement actifs – persistent dans les décharges du site Umicore à Olen.
Dans le numéro d'octobre de Eos (disponible dès le 17 septembre en kiosque), plongez dans l'histoire du radium belge, enfouie sous des couches d'argile, de béton et de plomb.
[]