Léonard de Pise, dit Fibonacci, est mondialement célèbre pour sa suite numérique éponyme. Moins connu est son rôle révolutionnaire en Europe grâce à son ouvrage Liber Abaci (1202). Keith Devlin, dans son livre dédié, retrace les traces de Fibonacci en Italie, particulièrement à Pise, sa ville natale.
Tout le monde connaît la suite de Fibonacci : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, …
Le n-ième terme, noté Fn (en commençant par le zéro), est la somme des deux précédents. Cette séquence apparaît partout, comme sur cette cheminée d'usine à Turku, en Finlande :

(Œuvre d'art de Mario Merz.) Elle aide aussi à comprendre les dessins animés :

Elle fut imprimée pour la première fois en Europe en 1202 dans le Liber Abaci de Leonardo Pisano, en marge de cette page :

Pour la reconnaître, notez l'écriture des chiffres de 1 à 9 à l'époque :

Mais Fibonacci mérite surtout d'être célébré pour avoir introduit le système décimal en Europe depuis l'Afrique du Nord. L'impact fut immense : avant cela, les calculs se faisaient avec des chiffres romains, un vrai casse-tête. Le système décimal est positional – la position d'un chiffre détermine sa valeur – et le zéro y joue un rôle clé, absent auparavant en Europe.
Dans The Man of Numbers, Keith Devlin explore la vie de Fibonacci et l'impact de son œuvre, malgré le peu de sources historiques.
Quelques années plus tard, il publie une suite passionnante : il parcourt l'Italie en quête de traces du mathématicien. Peu nombreuses ! Même l'Italie n'a pas émis de timbre à son effigie. Seuls deux timbres le représentent :

Le premier du Commonwealth de Dominica (îles Caraïbes, non à confondre avec la République dominicaine), le second d'un pays fictif (« Cendrillon »). De nombreux timbres illustrent la suite de Fibonacci, comme cette série du Liechtenstein :

Elle est liée au nombre d'or.
La quête de Devlin commence par la chasse à une statue à Pise, absente de son emplacement supposé. L'office de tourisme ignore Fibonacci, confondant avec Léonard de Vinci. Finalement trouvée au Campo Santo (vidéo après 30 s). Un récit de voyage captivant, semé d'embûches.

Keith Devlin, Trouver Fibonacci. La quête pour redécouvrir le génie mathématique oublié qui a changé le monde, Princeton University Press, Princeton & Oxford (2017), 241 pages.
Leonardo Pisano (Fibonacci, v. 1170-1250) révolutionna l'Occident en 1202 avec le système décimal via Liber Abaci. Oublié des siècles, Devlin le traque en Italie. Un témoignage fascinant, incluant l'étrange histoire de la première traduction anglaise, 800 ans après.
Un ouvrage incontournable.
Densité de formules : ★★★★☆
Difficulté : ★★★★
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