La technique révolutionnaire d'édition génétique, permettant de supprimer ou d'ajouter des séquences d'ADN, s'étend désormais au lien entre l'ADN et la synthèse des protéines. Cette approche est nettement moins invasive.

Alors que de nombreux laboratoires mondiaux exploitent la technique CRISPR-Cas9 pour modifier l'ADN avec précision, d'autres chercheurs visent des méthodes moins radicales. L'objectif : éviter les mutations erronées et permanentes, potentiellement transmissibles aux générations suivantes.
L'édition de l'ARNm – qui traduit le code génétique de l'ADN vers les ribosomes pour produire les protéines – représente une alternative beaucoup plus sûre. En cas d'erreur, l'ARNm dégradé est éliminé de la cellule en moins de 24 heures. De plus, les scientifiques peuvent activer temporairement l'édition en contrôlant l'accès de la protéine manipulatrice à la cellule.
Des généticiens américains viennent de mettre au point une protéine – de véritables "ciseaux moléculaires" – qui cible spécifiquement l'ARN. Après Cas9 pour l'ADN, voici Cas13 pour l'ARN. En résumé, CRISPR-Cas13 permet désormais de manipuler l'ARN avec une précision inégalée.