L'objectif du sommet climatique COP24 à Katowice, en Pologne, était d'ambitionner davantage les engagements climatiques. Rétrospectivement, la tâche s'est révélée ardue. « Le bilan de ce sommet est très mitigé », déclare Samuel Helsen, expert chez NoodweerBenelux.
En 2015, près de 200 pays se sont réunis lors du sommet de Paris. À l'unanimité, ils ont convenu de mesures globales pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C maximum, idéalement 1,5 °C. Ce moment historique a reconnu le problème climatique au niveau international et impulsé une action mondiale. Parmi les engagements : l'élaboration de plans nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), alignés sur ces limites.
Le fossé entre pays développés et en développement a été au cœur des débats. Les premiers disposent des ressources pour une transition verte, tandis que les seconds dépendent encore des énergies fossiles, avec une démographie en forte croissance et un manque de capitaux pour des technologies durables. Ils réclament un soutien financier.
Les pays en développement, les plus vulnérables aux impacts climatiques, ont obtenu la promesse d'un fonds commun de 100 milliards de dollars annuels des pays riches pour les accompagner. Ce point devait être précisé à Katowice.
Malgré ses avancées, l'Accord de Paris reste non contraignant. Les engagements manquent de précision et de mécanismes de contrôle stricts. Un plan structuré pour la mise en œuvre et le suivi faisait défaut. Parmi les questions en suspens :
- Comment uniformiser le reporting des émissions et réductions de GES ?
- Comment soumettre les plans nationaux ?
- Comment quantifier les émissions ?
- Comment évaluer les progrès nationaux ?
- Comment sanctionner les manquements ?
- Et bien d'autres...
Katowice visait deux buts : opérationnaliser l'Accord de Paris et viser des objectifs plus ambitieux. Le rapport du GIEC récent montre que les engagements de Paris insuffisent : la trajectoire actuelle mène à +3 °C. Les émissions de CO2 ont atteint un record après une phase de stabilisation. Des mesures urgentes et massives sont impératives pour éviter des impacts dévastateurs sur sociétés et écosystèmes.
Les attentes étaient élevées pour cette COP24. À son issue, le bilan est nuancé.
Lundi, un "rulebook" a été adopté, rendant l'Accord de Paris exécutoire. Il répond concrètement aux questions post-Paris : règles pour la mise en œuvre réelle. Cependant, aucun consensus n'a émergé sur des objectifs plus ambitieux, reportés à la COP25 au Chili.
L'accord reste insuffisant face à l'urgence. Les progressistes (France, Pays-Bas, Allemagne, Suède, Finlande...) plaident pour plus de rigueur, opposés aux pays pétroliers (États-Unis, Russie, Arabie saoudite...). La Belgique n'a pas rejoint les ambitieux, malgré les manifestations citoyennes. Résultat : statu quo prolongé pour les émetteurs.
Les négociations ont traîné par manque d'unité, bloquant d'autres avancées comme le fonds pour les pays en développement, reporté aussi. Progrès sur l'opérationnalisation, mais occasion manquée pour une ambition accrue. L'espoir repose sur le Chili, mais la procrastination menace : reporter réduit la faisabilité. Objectif : -50 % d'émissions d'ici 2030, zéro net mi-siècle (GIEC).
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