Ceci est un article de Knack opinion
Au début de ce siècle, l'industrie spatiale commerciale a connu un essor fulgurant. Des pionniers comme SpaceX, Virgin Galactic, Blue Origin et Bigelow Aerospace n'étaient pas pris au sérieux par tous. Pourtant, grâce aux avancées technologiques, les voyages spatiaux sont devenus accessibles non seulement aux grandes agences gouvernementales, mais aussi aux entrepreneurs de toutes tailles.
SpaceX lancera début mars le tant attendu Crew Dragon, une première historique : une fusée et une capsule habitées entièrement développées par une entreprise privée. Depuis 2012, le Cargo Dragon ravitaille la Station spatiale internationale (ISS) en fournitures et équipements. Ce vol d'essai sans équipage testera l'approche et l'amarrage automatiques à l'ISS. Parallèlement, la capsule Starliner de Boeing progresse, permettant enfin aux États-Unis d'envoyer des astronautes dans l'espace depuis leur sol national.
Plus remarquable encore est le premier "vol interplanétaire" commercial : l'atterrisseur lunaire privé Beresheet, développé par l'israélienne SpaceIL. Lancé cette semaine comme charge utile secondaire sur un Falcon 9 de SpaceX emportant un satellite indonésien, Beresheet ("Genèse" en hébreu) marque une première absolue : un atterrisseur lunaire privé propulsé par un lanceur privé vers un autre corps céleste. Initié dans le cadre du Google Lunar XPRIZE – un concours promettant 30 millions de dollars au premier à atterrir, parcourir 500 mètres et transmettre des images haute résolution –, le projet s'est poursuivi sans sponsor après l'annulation du concours en 2018. Un atterrissage réussi ouvrirait la voie à d'autres initiatives privées, rendant les risques mesurables et attirant des investisseurs, notamment pour l'exploitation minière lunaire.
L'extraction de ressources rares sur la Lune et d'autres corps célestes pourrait devenir économiquement viable. Il est essentiel de préserver les frontières entre exploration civile et intérêts politico-militaires, conformément au Traité spatial de l'ONU, qui impose une utilisation pacifique de l'espace au bénéfice de toute l'humanité. Aucun État ne peut revendiquer un corps céleste, malgré les symboles comme le drapeau américain de 1969 ou les missions chinoises récentes.
2019 marque le 50e anniversaire du premier pas de Neil Armstrong sur la Lune. Accélérée par la course à l'espace de la Guerre froide, cette ère a vu Youri Gagarine premier homme dans l'espace (1961), suivi des alunissages Apollo. Ces programmes pharaoniques, financés par les contribuables, étaient en avance sur leur temps.
Aujourd'hui, nos connaissances et technologies ont progressé : présence d'eau pour l'eau potable et le carburant, impression 3D avec régolithe lunaire pour des habitats protégés des radiations, agriculture lunaire, recyclage des déchets. Ces innovations bénéficieront aussi à une Terre durable, à l'image des bases antarctiques.
Les partenaires de l'ISS planifient leur contribution à une base lunaire permanente, aucune superpuissance ne pouvant y parvenir seule, pas même la Chine – qui excelle avec sa station spatiale et son atterrissage sur la face cachée de la Lune en janvier.
Le tourisme lunaire n'est plus de la science-fiction : Elon Musk a annoncé Yusaku Maezawa comme premier passager payant autour de la Lune en 2023 avec Starship, contrastant avec les vols suborbitaux de Virgin Galactic (250 000 $) ou Blue Origin.
Cela ne résoudra pas tous les maux du monde, mais favorisera un "effet de vue d'ensemble", élevant la conscience humaine. Une société multiplanétaire nous protège des catastrophes cosmiques (supernovas, astéroïdes). De plus, les artistes inspirés par l'espace créeront des œuvres émouvantes, nous poussant vers Mars et au-delà.
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