Présentons le sujet d'étude d'Antonella Sesta : Bacillus anthracis, la bactérie responsable de l'anthrax ou maladie du charbon. Les bactéries sont des organismes unicellulaires présents partout, des fonds marins aux plantes de votre salon, et même dans votre flore intestinale. Si beaucoup sont bénéfiques, B. anthracis est malheureusement pathogène.
Bacillus anthracis peut former des spores dormantes et résistantes, comparables à une "Belle au bois dormant" maléfique. Ces spores survivent à des conditions extrêmes (températures élevées ou basses, pression intense) en attendant un hôte, comme un animal broutant de l'herbe contaminée ou un humain l'inhalant. Une fois activées dans les poumons ou l'intestin, elles provoquent une infection souvent mortelle, sans traitement efficace à ce jour. C'est pourquoi l'anthrax est considéré comme une arme biologique par plusieurs pays.
« La bactérie de l'anthrax forme des spores dormantes, comme une 'Belle au bois dormant' dangereuse attendant son prochain hôte. »

Même sans intervention humaine, l'anthrax reste une menace historique. Des traces ont été trouvées chez des mammouths et des momies égyptiennes ; le cinquième fléau biblique pourrait en être un exemple. Longtemps perçu comme un "fléau" ou une malédiction touchant le bétail, il a été identifié comme bactérie nocive il y a plus d'un siècle. Des épidémies récentes, comme celle de 2016 chez les rennes de Sibérie due au dégel permafrost, rappellent sa résilience face au changement climatique. Des millions de morts humaines soulignent son danger.
L'anthrax mérite une lutte scientifique rigoureuse. Examinons sa structure : toutes les bactéries ont une membrane externe, mais B. anthracis possède une couche supplémentaire, la "couche S", qui consomme 10 à 15 % de son énergie. Cette couche est extrêmement solide, comme une armure, et s'auto-assemble à partir de protéines, formant un mur naturel impénétrable depuis sa découverte dans les années 1950.

Antonella Sesta et son équipe ont percé cette armure en déterminant la structure atomique des protéines de la couche S via cristallographie aux rayons X. Cela leur a permis de produire ces protéines en laboratoire.

Pour cibler ces protéines, ils ont utilisé le système immunitaire. Les anticorps humains neutralisent les envahisseurs comme des menottes sur mesure.
« Les anticorps neutralisent l'ennemi comme des menottes de forme et taille parfaites. »
Certains animaux comme les lamas produisent des "nanocorps" – anticorps minuscules, stables et faciles à produire en laboratoire. Antonella a injecté les protéines de la couche S à un lama, qui a généré des nanocorps spécifiques après six semaines. Après six mois d'analyses, ils ont identifié ceux bloquant l'assemblage de la couche S.

Ces nanocorps empêchent la formation de l'armure et la dégradent si elle existe déjà. Appliqués à des bactéries in vitro et lors d'infections animales in vivo, ils tuent l'anthrax en rendant les bactéries vulnérables.

Mission accomplie : armure détruite, anthrax vaincu.
Publié dans Nature Microbiology, ce travail pionnier d'Antonella Sesta ouvre la voie à une thérapie anti-anthrax et cible d'autres pathogènes. Wtnschp lui souhaite succès !