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ITER : la construction du réacteur à fusion nucléaire atteint sa phase finale d'assemblage

La cérémonie officielle de mardi matin est visible ici, précédée d'une visite virtuelle du site ITER.

Le réacteur expérimental à fusion ITER prend forme progressivement. Ce gigantesque complexe est en construction depuis 2008 sur le site de Cadarache, près d'Aix-en-Provence. Le "voyage" – sens d'ITER en latin – est encore loin d'être achevé. Selon le calendrier actualisé, le réacteur ne sera opérationnel qu'à la fin de 2025 pour sa première production de plasma à base de deutérium uniquement ("hydrogène lourd"). La fusion complète deutérium-tritium, générant de l'hélium et de l'énergie, est prévue pour 2035.

Mardi marquait une étape décisive : pour la première fois, les composants arrivés du monde entier ont été assemblés. ITER s'apparente à un jeu de Lego géant, mais avec des "blocs" fabriqués par des entreprises et instituts de 35 pays partenaires. Plusieurs nations collaborent même sur les mêmes pièces. Coordonner cette alliance internationale rivalise en complexité avec les défis techniques du plus grand tokamak jamais conçu.

Parce que le cryostat, comme le boîtier en béton qui l'entoure, comporte une vingtaine de 'fenêtres', vous avez l'impression d'être dans le Colisée de Rome.

L'Inde a réalisé le cryostat, un cylindre monstrueux de près de 4 000 tonnes d'acier inoxydable, aussi large que Stonehenge. Il assurera le refroidissement de la cuve et des aimants supraconducteurs. Sa base a été posée en mai sur les fondations du bâtiment tokamak. "Tokamak" – contraction russe signifiant "forme toroïdale à bobines magnétiques" – est la configuration idéale pour confiner le plasma de fusion via des champs magnétiques puissants. Avec ses "fenêtres" d'entretien, le cryostat évoque le Colisée romain.

ITER : la construction du réacteur à fusion nucléaire atteint sa phase finale d assemblage

Des États-Unis à la Corée du Sud

Les aimants supraconducteurs (18 bobines verticales, 6 horizontales) proviennent de Chine, Europe, Japon, Corée et Russie. Ils confineront le plasma à 150 millions de degrés – dix fois plus chaud que le cœur du Soleil – entre les parois de la cuve et la colonne centrale. À l'intérieur de cette colonne : le solénoïde central, le plus puissant (13 teslas, capable de soulever un avion), fabriqué par les États-Unis. Il génère le courant plasma par impulsions de plusieurs centaines de secondes, initiant la formation et la surchauffe du plasma.

ITER : la construction du réacteur à fusion nucléaire atteint sa phase finale d assemblage

La cuve toroïdale – en vide absolu – est construite par l'Europe, la Corée et la Russie. Elle sera doublée de matériaux absorbant les neutrons de haute énergie produits par la fusion. Le revêtement inclut du lithium, générant du tritium in situ (légèrement radioactif, complété par du deutérium extrait de l'eau de mer). La cuve d'ITER surpassera dix fois celle du JET à Oxford, actuel recordman.


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