Une molécule photoswitchable permet d'activer ou de désactiver l'antibiotique sous l'effet de la lumière.

Des chercheurs de l'Université de Groningen, aux Pays-Bas, ont mis au point un antibiotique équipé d'un interrupteur marche/arrêt. Grâce à la lumière ultraviolette, cet interrupteur peut être actionné précisément sur site, offrant un contrôle ciblé de l'action antibiotique et luttant efficacement contre la résistance bactérienne.
Les antibiotiques protègent contre les infections bactériennes en éliminant les pathogènes. Cependant, ils agissent de manière non sélective dans l'organisme, tuant aussi les bactéries bénéfiques. De surcroît, une fois éliminés du corps, ils persistent dans l'environnement, favorisant le développement de résistances.
Les scientifiques de l'Université de Groningen ont résolu ces défis en intégrant à l'antibiotique un groupe moléculaire fonctionnant comme un interrupteur photoactivable. Sous lumière UV, ce groupe passe de l'isomère trans inactif à l'isomère cis actif.
"Pour une infection cutanée, on peut administrer un antibiotique inactif et l'activer localement, préservant ainsi la flore intestinale bénéfique", explique le professeur de chimie organique Ben Feringa, lauréat du Nobel. L'interrupteur s'éteint naturellement avec le temps, rendant l'antibiotique inoffensif avant son rejet dans l'environnement.
Selon Feringa, une application clinique pourrait émerger dans une dizaine d'années. Cette preuve de concept est particulièrement précieuse pour la recherche en chimie médicamenteuse.
L'étude a été publiée dans Nature Chemistry en 2020 (mg).
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