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Robots adaptatifs : des cobots qui s'ajustent à chaque objet fragile

Les robots tueurs assoiffés de domination mondiale restent un thème prisé des films et livres de science-fiction. Heureusement, dans le monde réel, les robots sont bien plus pacifiques : ils facilitent nos tâches quotidiennes et sauvent même des vies.

Dans les usines automobiles, des rangées interminables de robots opèrent en parfaite synchronisation, comme un ballet orchestré. Ils déplacent avec précision les portières de votre future voiture d'un point A à un point B. Ces machines industrielles excellent dans une tâche unique, exécutée rapidement et sans faille.

Cette automatisation exclut les humains des zones dangereuses, ce qui est souvent bénéfique. Un robot suit sa programmation à la lettre : face à un obstacle, il applique une force jusqu'à ce que l'obstacle cède ou qu'il se brise lui-même. Si cet obstacle est un être humain, les conséquences peuvent être fatales.

C'est le cas tragique de Robert Williams. Le 25 janvier 1979, à l'usine Ford du Michigan, un robot d'entrepôt signale une erreur. Williams grimpe sur les étagères pour inspecter une pièce. Le robot de 450 kg redémarre soudain et le frappe à l'arrière de la tête. Il entre ainsi dans l'histoire comme la première victime humaine d'un robot industriel.

Cages de sécurité

Depuis, des mesures de sécurité strictes ont été mises en place. Les robots industriels opèrent désormais dans des cages isolées. Un capteur détecte toute intrusion : une alarme retentit et le robot s'arrête ou ralentit. Pourtant, les accidents persistent, souvent dus à des négligences – comme approcher un robot défectueux sans protocole. Aux États-Unis, au moins 33 travailleurs ont perdu la vie ainsi au cours des 30 dernières années.

Robots adaptatifs : des cobots qui s ajustent à chaque objet fragile

Ces robots excelleront dans les tâches répétitives, mais leur rigidité impose une stricte séparation avec les opérateurs humains. Les protocoles de sécurité visent précisément à maintenir cette distance.

Doigts souples et collaboratifs

Une alternative existe : les robots collaboratifs, ou cobots. Conçus pour cohabiter en toute sécurité avec les humains dans le même espace, ils sont plus légers, polyvalents et faciles à reprogrammer. Contrairement aux géants industriels, ils ne conviennent pas aux charges lourdes, mais assistent les opérateurs dans les tâches répétitives ou ergonomiquement pénibles. Grâce à l'« apprentissage par démonstration », un opérateur guide manuellement le cobot, qui mémorise les mouvements.

Comment cueillir une fraise ?

Imaginez programmer un robot pour saisir une fraise de 5 cm : il répétera le geste identique. Une fraise identique sera parfaite ; une plus petite glissera, une plus grosse sera écrasée.

La solution ? Ajuster non la position, mais la force de préhension. Les doigts se referment jusqu'à atteindre une pression prédéfinie.

Cette approche reste imparfaite : les fraises varient en forme. Notre main s'adapte grâce à sa flexibilité. Les robots imitent cela avec des pinces souples, en matériaux élastomères, qui épousent la forme de l'objet.

Saisir des objets mous – fruits ou tissus humains – exige capteurs de force et boucles de contrôle avancées. Sans eux, la tâche est quasi impossible.

Robots chirurgiens

Les robots souples s'inspirent de la nature : trompe d'éléphant, langue de caméléon ou pieuvre. Après des millions d'années d'évolution, ces modèles naturels guident l'innovation.

En chirurgie, des bras robotisés assistent déjà les opérateurs à distance. Les matériaux souples permettent des robots endoscopiques : introduits par une petite incision, ils explorent, incisent et suturent en minimisant les traumatismes. Cette chirurgie mini-invasive révolutionne les blocs opératoires ; les robots souples y tiendront un rôle clé.

Robots tueurs ou pacifiques ?

L'avenir est hybride. Les robots rigides dominent les environnements structurés comme les usines pour leur précision. Mais face à l'imprévu – comme lors du défi DARPA, où des humanoïdes butaient sur une porte ou une échelle –, ils échouent.

Les robots souples excellent là : leur flexibilité surmonte les obstacles, idéale pour collaborer avec les humains ou explorer des terrains hostiles, comme Mars.

Ces deux familles se complètent. Quant aux robots tueurs de cinéma, fermez la porte à clé... pour l'instant.

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