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Remarcher grâce à l'exosquelette robotique néerlandais : innovation de la TU Delft

Rendre les fauteuils roulants obsolètes : telle est l'ambition ultime de deux exosquelettes robotiques développés par des étudiants de la TU Delft et des chercheurs de l'Université de Twente. Mercredi, ils présenteront leurs avancées techniques à Enschede.

"Ça fait du bien de remarcher ! C'était comme il y a dix-huit ans, avant mon accident", témoigne Sjaan Qurijns après avoir testé l'exosquelette March III. Paraplégique en fauteuil roulant suite à une lésion médullaire, elle ajoute : "Marcher avec cet exosquelette s'en rapproche vraiment, même si je dois anticiper les mouvements, comme monter un escalier, contrairement au passé."

Couvert de moteurs et de câbles

Vingt étudiants de la TU Delft conçoivent cet exosquelette dans le cadre de la compétition Cybathlon, aux côtés d'autres équipes internationales. Leur objectif : assister les personnes handicapées via des technologies robotiques. "Nos études portent souvent sur la théorie, mais ce projet offre des solutions concrètes et impacte réellement des vies. La technologie fait la différence !", explique Carmen Koetsier, étudiante en génie mécanique et management international. Sjaan Qurijns contribue activement : "Pour une autonomie totale des blessés médullaires grâce à l'exosquelette."

La semaine prochaine, près de l'Université de Twente à Enschede, Sjaan démontrera le March III, aux côtés du Symbitron+ développé localement. Dans un mois et demi, les équipes de Delft et Twente s'affronteront à Düsseldorf lors de la Cybathlon, face à des concurrents étrangers.

Ces exosquelettes intègrent moteurs, câbles et ordinateurs pour compenser muscles, articulations et os, permettant de marcher, monter des escaliers ou gravir des pentes. L'objectif est de remplacer le fauteuil roulant, mais les défis persistent. Pour les escaliers, un panneau de commande – semblable à une manette de jeu – active le modèle de marche adapté. Les données transitent vers un serveur qui synchronise les moteurs.

Béquilles

La clé réside dans la synchronisation précise des moteurs : sans coordination, c'est le chaos ; avec elle, les mouvements sont fluides.

Chaque mouvement – escaliers, pentes – suit un schéma spécifique. Nouveauté du March III : la gestion des pentes, avec un focus sur la cheville. "Les genoux et hanches offrent de l'espace pour les moteurs, pas les chevilles. Nous utilisons un concept de fuseau : le moteur est placé plus haut, au-dessus de l'os, avec une transmission par levier pour gagner en espace et puissance", détaille Carmen Koetsier.

Remarcher grâce à l exosquelette robotique néerlandais : innovation de la TU Delft

Les équipes collaborent avec des personnes lésionnées médullaires. L'autonomie totale n'est pas encore atteinte : des béquilles sont nécessaires. "Régler le système de contrôle est ardu, car chaque personne marche différemment. Si l'exosquelette anticipe mal, l'utilisateur résiste inconsciemment, risquant instabilité", note Koetsier.

Madame

Sjaan Qurijns fait pleinement confiance à la technologie. "Les étudiants vérifient la sécurité en testant d'abord eux-mêmes, expliquent tout et surveillent. J'ai une confiance absolue."

Après Cybathlon, une nouvelle équipe reprendra Project March. Sjaan s'en séparera sans regret : "C'est un prototype en évolution. Pratique pour certains usages, il ne remplace pas le fauteuil roulant : trop lourd pour voyager ou monter en voiture seul."

Indépendant

Pour le quotidien, l'exosquelette reste contraignant. "Au travail à la Hogeschool Utrecht, traverser un bâtiment prend 30 minutes au lieu de 5 en fauteuil, béquilles en main !"

Optimiste, Sjaan conclut : "La technologie progresse vite. Les étudiants y consacrent un an pour plus d'indépendance des paraplégiques. C'est formidable !"


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