La police des Pays-Bas bénéficie désormais d'une paire d'yeux virtuels supplémentaires.
Les policiers arrivent généralement les premiers sur une scène de crime, bien avant les enquêteurs médico-légaux et autres experts. C'est un atout, car des dangers peuvent encore persister. Si un suspect se terre dans la zone, la police doit la sécuriser. Dans d'autres cas, des spécialistes, comme les chimistes après un accident industriel, sont plus appropriés. Lorsque leur présence immédiate est impossible, la réalité augmentée (AR) apporte une aide précieuse.
Cette technologie superpose une couche numérique d'informations sur le monde réel. Par exemple, des techniciens visualisent les instructions de réparation d'une machine, ou des pilotes reçoivent des mises à jour du centre de contrôle sans quitter la vue du cockpit. Des dispositifs dédiés comme le HoloLens de Microsoft ou les Google Glass existent, mais un smartphone suffit souvent.
Plus d'yeux, moins de présence physique
La police néerlandaise adoptera bientôt cette technologie. En partenariat avec la société AR Twnkls et une équipe de l'Université de technologie de Delft (TU Delft), un système AR dédié a été développé.
Il fonctionne en trois étapes : un policier arrivant sur place active une caméra fixée à son gilet, transmettant un flux vidéo en direct. Les experts, de leur côté, analysent la scène à distance. Lorsque le policier utilise un appareil AR, il voit une superposition avec annotations, flèches et symboles ajoutés par l'expert. Cela permet de cibler efficacement les éléments à examiner en laboratoire, sans risquer de contaminer la scène ni de la surpeupler.
Phase de tests en cours
La police nationale, l'Institut médico-légal néerlandais et les pompiers testent actuellement le système. Nick Koeman, conseiller en innovation de la police nationale, se montre optimiste : « Nous avons testé le système et constaté sa valeur ajoutée dans de nombreux scénarios. La superposition d'informations peut parfois perturber, comme lors d'un jugement visuel, mais elle transmet rapidement les bonnes infos aux bonnes personnes. »
Les développeurs visent un déploiement opérationnel complet d'ici six mois.
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