Toutes les technologies progressent avec le temps, sauf les batteries, entend-on souvent. Si j'avais 5 centimes à chaque fois que j'entends cela, j'aurais environ 17,50 euros aujourd'hui.
Les batteries servent à des usages bien plus cruciaux que l'alimentation des smartphones.
Les amateurs de gadgets passent souvent à côté de trois aspects essentiels des batteries. D'abord, celles qui nous viennent à l'esprit sont celles des smartphones ou ordinateurs portables, produites par millions. Pourtant, de nombreux scientifiques les considèrent avant tout comme des solutions à des défis majeurs : approvisionnement énergétique, transports et changement climatique.
Aujourd'hui, les voitures électriques représentent moins de 1 % des ventes neuves aux États-Unis. Plus chères que les modèles thermiques et limitées en autonomie, elles rebutent les consommateurs par la peur de l'immobilisation. Les chercheurs travaillent sur des batteries moins coûteuses et plus performantes pour lever ces freins.
Ensuite, le réseau électrique pose un défi majeur. Contrairement à l'eau stockée dans un tuyau, l'électricité doit être produite en temps réel. Les fournisseurs font face à des pics de demande – le soir ou en canicule – et maintiennent des centrales de pointe coûteuses et peu utilisées.
Un smartphone qui explose peut ruiner votre journée. Samsung en a fait l'amère expérience.
Les batteries connectées au réseau visent à lisser ces fluctuations et à stocker l'énergie solaire ou éolienne pour une utilisation ultérieure, alignant enfin énergies renouvelables et besoins humains.
Deuxième point négligé : nos priorités. Nous déplorons surtout la faible autonomie, mais la densité énergétique n'est qu'un critère parmi d'autres. Les batteries idéales doivent être abordables, écologiques, durables (milliers de cycles), compactes, légères et sécurisées.
Impossible de tout réunir dans un seul type. Pour le réseau, pas besoin de compacité : batteries à flux (chimie en grands réservoirs) ou volants d'inertie (disques rotatifs stockant l'énergie cinétique) émergent.
Troisième vérité : les batteries s'améliorent bel et bien ces dernières décennies. Nous ne le voyons pas car nos appareils consomment plus. Une batterie d'iPhone actuel dans un téléphone de 1995 tiendrait une année !
Les innovations foisonnent. Mike Zimmerman a remplacé l'électrolyte liquide inflammable par un film plastique solide : sécurité accrue, retour au lithium métal pour plus de densité et durée de vie étendue.
Si vous voulez vous plaindre des batteries, c'est maintenant. Leur avenir s'annonce brillant.
Les batteries progressent : nos appareils consomment simplement plus d'énergie.[]