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Les pneus automobiles du futur : sans air, imprimés en 3D et biosourcés

Les véhicules évoluent rapidement vers l'électrique et l'autonome, augmentant les exigences sur les pneus. Les fabricants comme Michelin innovent pour répondre à ces défis.

Les pneus automobiles du futur : sans air, imprimés en 3D et biosourcésLes pneus automobiles du futur : sans air, imprimés en 3D et biosourcés
Environ 20 % du carburant est perdu à cause de la résistance au roulement des pneus.

La zone industrielle de Ladoux, au pied de la Chaîne des Puys en Auvergne, abrite le cœur innovant de Michelin. Fondé en 1895 à Clermont-Ferrand par les frères André et Édouard Michelin, le groupe produit aujourd'hui 170 millions de pneus par an, se classant deuxième mondial derrière Bridgestone, avec Goodyear pour 40 % du marché total.

Les pneus Michelin équipent voitures, camions, bus, Formule 1, navettes spatiales, engins agricoles et militaires, vélos. Présent dans 17 pays, le siège reste en Auvergne. Le Centre de Technologie de Ladoux s'étend sur plus de 300 mètres.

Le long de l'Innovation Street, 1 700 experts – technologues, chimistes, informaticiens – travaillent dans 80 départements spécialisés : hiver, polymères, camion, sport.

Cyrille Roget, responsable communication des centres de recherche, guide la visite. Ce « village » inclut boutiques, restaurant et salon de coiffure, mais l'accès est ultra-sécurisé : passeport, photo, escorte constante.

« 72 % des innovations Michelin naissent ici », explique Roget. Avec 130 000 employés et 21 milliards d'euros de CA annuel, la protection des technologies face à la concurrence est impérative.

Rouler mieux et plus vert

Les innovations Michelin visent sécurité, confort, économie de carburant et respect environnemental. La résistance au roulement – frottements générant chaleur et perte d'énergie – est clé. Elle absorbe 20 % du carburant.

Impossible de l'éliminer totalement (contact route, aérodynamisme, inertie), mais des optimisations comme un profil adapté, masse réduite, flancs plus fins ou additifs performants progressent. Dans les années 1990, l'ajout de nanoparticules de silice a révolutionné : économies carburant et freinage sur mouillé amélioré.

Ces avancées résultent de longs essais-erreurs. « Trouver les proportions idéales de silice, c'est comme pétrir un gâteau : timing et conditions parfaits pour mixer silice et caoutchouc », illustre Roget.

Ultra-fins pour véhicules électriques

L'industrie auto évolue : voitures plus rapides, lourdes, bientôt électriques. Les pneus doivent s'adapter : silence accru, couple élevé sans usure rapide.

L'autonomie croissante intègre capteurs et IA pour conduite assistée ou autonome. Les pneus connectés, déjà sur engins miniers/agricoles (coût >25 000 €), surveillent pression/température/profil. Une perte de 1 bar réduit la durée de vie de 20 %.

Pour voitures particulières : données en temps réel au tableau de bord. Pour l'autonome : réaction aux glissades/nids-de-poule sans secousses brusques.

Le Graal : adieu crevaisons

La crevaison reste le fléau. Solutions run-flat (roulage limité sans suspension) ou auto-scellantes (pour trous <5 mm) sont imparfaites.

En 2005, le Tweel sans air (rayons élastiques) déçoit pour autos : vibrations >50 km/h, bruit, surchauffe. Viable pour engins lents ; 15-20 ans pour voitures.

Aujourd'hui, le concept Vision : bande de roulement durable, imprimée 3D, biosourcée (caoutchouc naturel, déchets pneus/bambou/électroniques/canettes/mélasse/plastiques/foin/cartons/bois/papier/textiles). Usure ? Réimpression. Hiver ? Nouveau profil. Retour aux pneus monobloc originels, avec grands ambitions.

7 000 arroseurs pour tests extrêmes

Au centre, via plancher vitré : circuits (43 km total, 21 pistes). Flotte de 300 véhicules ; tests en Finlande/Espagne pour climat extrême.

En BMW sur circuit mouillé (4 km, 7 000 buses), pilote Florent Dugat teste : tenue haute vitesse, virages, aquaplaning. « 4 sessions de 20 min/jour, changements pneus, rapports détaillés. L'expérience prime. »

Le pneu auto en un clin d'œil

1839 Vulcanisation : Charles Goodyear chauffe caoutchouc + soufre pour élasticité/durabilité.

1895 Premiers pneus auto Michelin ; succès marketing via Paris-Bordeaux.

1949 Radial vs diagonal : Michelin innove avec câbles perpendiculaires + ceinture acier pour adhérence, moins frottements/usure.

Plus de 200 ingrédients

Au-delà caoutchouc naturel/synthétique : noir de carbone (couleur, anti-UV/usure), +200 additifs. Recettes secrètes des manufacturiers.

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