Les puces informatiques classiques reposent sur des transistors en silicium activés par un courant électrique, ce qui consomme beaucoup d'énergie. En spintronique, les bits "zéro" et "un" sont encodés grâce à de minuscules aimants.
En spintronique, c'est le moment magnétique de l'électron, et non sa charge électrique, qui est exploité. En l'inversant, on crée un état bipolaire comparable au fonctionnement binaire des transistors électroniques (présence ou absence de courant).
L'avantage d'une puce spintronique ? Elle ne nécessite pas d'alimentation électrique continue : une simple différence de tension suffit. Bien plus efficace que les puces en silicium actuelles, elle génère aussi moins de chaleur, réduisant les coûts de refroidissement d'un futur "processeur spintronique".
Jusqu'à récemment, les chercheurs peinaient à inverser rapidement le moment de spin magnétique des électrons. Il y a quelques années, ils ont adopté des ions oxygène (dotés d'un moment magnétique). Cela facilitait l'inversion, mais le matériau du transistor n'était pas résistant aux atomes d'oxygène.
La même équipe de physiciens américains, pionnière des ions oxygène, utilise désormais des ions hydrogène. Plus petits, ils sont plus maniables magnétiquement et endommagent moins le matériau cristallin de la puce.
Les chercheurs ont prouvé que leur transistor magnétique à base d'hydrogène fonctionnait parfaitement après 2 000 inversions, rapprochant le rêve de la spintronique de la réalité.