Inondations, tremblements de terre, fusillades ou attentats... Après une catastrophe, envoyer du personnel d'urgence sur zone est souvent trop risqué, même si les victimes ont un besoin vital d'aide. Les drones autonomes représentent-ils la solution idéale ?
Les drones prouvent déjà leur utilité dans les opérations de secours post-catastrophe. Cependant, la plupart nécessitent un pilote humain, ce qui limite la rapidité de couverture des zones sinistrées et retarde l'assistance aux victimes.
Les drones autonomes pourraient explorer de vastes territoires plus vite, à condition de détecter indépendamment les personnes en détresse. À l'Université de Dayton (Ohio, États-Unis), des chercheurs développent un système capable d'identifier humains et animaux, y compris piégés sous les décombres. Inspiré du comportement des sauveteurs humains, il balaie rapidement de grandes zones avant d'approfondir les secteurs prometteurs.
Les sites sinistrés regorgent d'obstacles : arbres effondrés, bâtiments écroulés, routes dévastées. Localiser les survivants y est un défi majeur.
L'équipe a conçu un système à base de réseaux de neurones embarqués sur l'ordinateur du drone. Il mime la vision humaine en analysant les images de la caméra et en transmettant les données essentielles aux opérateurs humains.
Premièrement, il optimise la clarté : comme un humain plisse les yeux, il éclaircit les zones sombres ou atténue les surexpositions pour une visibilité optimale, même par temps brumeux.
En cas de pluie, il imite le cerveau humain en distinguant éléments statiques des mouvements parasites comme les gouttes d'eau, via un scan continu pour isoler les objets.
Enfin, une technologie d'agrandissement rend les images plus nettes et détaillées, facilitant l'identification des formes clés.
Le système identifie les personnes allongées, recroquevillées, sous divers angles et éclairages.
Comme le cerveau humain reconstruit un objet vu sous un angle en 3D, il utilise des modèles humains tridimensionnels – généraux ou spécifiques – pour matcher les formes détectées.
Il repère aussi des parties corporelles isolées : une jambe sous des débris, une main agitée, une tête émergeant d'un amas. Il distingue humains et animaux d'arbres, buissons ou véhicules.
En premier survol, comme un éclaireur aérien, il priorise les zones pertinentes, ignorant lacs ou champs inutiles.
Pour chaque suspecte, il analyse forme, texture et structure. Une correspondance avec un modèle humain déclenche une alerte "victime".
Grâce aux données GPS, il calcule la position exacte relative aux obstacles et alerte immédiatement les secours.
Ce processus complet – capture, optimisation et analyse – ne prend qu'un cinquième de seconde sur un drone équipé d'une caméra haute résolution.
L'armée américaine s'intéresse déjà à cette tech pour les champs de bataille. Elle aide aussi les services publics à détecter fuites de pipelines ou constructions illégales près des réseaux. Cette innovation, mimant la vision humaine, ouvre des applications dans les zones inaccessibles.
Traduction : Nikita Vanboterdael
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