Rendre l'industrie chimique plus durable : telle est la mission de BlueChem, un incubateur ambitieux soutenant les start-ups dans la chimie et la plasturgie. Découvrez quelques projets phares.
Depuis le printemps, BlueChem est implanté au cœur de l'un des plus grands clusters chimiques mondiaux, dans le parc d'activités climatiquement neutre Blue Gate Antwerp. Cet incubateur stimule l'innovation en chimie respectueuse du climat et de l'environnement, comme les produits chimiques renouvelables ou l'optimisation des déchets et flux secondaires.
Start-ups prometteuses et scale-ups ambitieuses, belges comme internationales, y sont accompagnées pour passer à l'échelle industrielle.
"Le secteur chimique fournit des produits qui facilitent notre quotidien et rendent la société plus durable. Pourtant, c'est l'une des industries les plus polluantes", explique Jan Van Havenbergh, directeur général de Catalisti, organisation dédiée à la stimulation et au financement d'innovations durables. Près d'une centaine d'entreprises, institutions académiques, la fédération flamande Essenscia et toutes les universités flamandes soutiennent le projet.
Catalisti, cofondateur de BlueChem depuis huit ans, gère une quarantaine de projets. "L'une de nos technologies sépare les fractions d'un produit pour les transformer en nouveaux matériaux avec peu d'énergie", précise Van Havenbergh. "Par exemple, un isolant acoustique à partir de matelas usagés, ou des déchets en matières premières. Au-delà du recyclage, nous développons des plastiques compostables et biodégradables."
'Ce secteur rend nos vies plus faciles et plus durables. En même temps, c'est l'une des industries les plus polluantes' Jan Van Havenbergh, Catalisti
Catalisti pilote aussi Moonshot, programme d'innovation industrielle flamand. "Nous ciblons chimie, pétrochimie et sidérurgie, responsables de 85 % des émissions industrielles de CO2 en Flandre. Notre objectif : une industrie flamande carbone-circulaire d'ici 2050, via énergie verte et circularité des matériaux."
Catalisti excelle en chimie biosourcée, comme transformer la chitine d'insectes (mouches, araignées, homards) – second biopolymère le plus abondant après la cellulose – en polymères. "Élevage de larves de mouches pour extraire la chitine, utilisable en revêtements de filets de pêche, remplaçant le cuivre par un produit naturel", ajoute Van Havenbergh. Autres exemples : hydrophobes à base de biomasse résiduelle, ou composites pour avions plus légers et pales d'éoliennes plus résistantes.
Creaflow conçoit des réacteurs pour la chimie fine et pharmaceutique, utilisant la photochimie pour surmonter les limites des photoréacteurs classiques et produire de nouvelles molécules à grande échelle par activation lumineuse.
La photochimie gagne du terrain en labo, mais reste rare industriellement. "La lumière visible (soleil, LED basse consommation) la rend plus verte : activation ciblée des molécules, moins d'étapes, moins de matières premières, d'énergie et de déchets", explique Hannes Germoets de Creaflow.
'Nous pouvons être heureux si nous traitons suffisamment les eaux usées pour les restituer en toute sécurité dans l'environnement'
"C'est comme la vitamine D produite sous le soleil ou la photosynthèse convertissant CO2 en glucides. Problème technique : la lumière pénètre peu les liquides, limitant l'échelle. Nous pompant continuellement l'eau dans et hors des réacteurs, nous produisons par exemple des médicaments à grande échelle de façon durable", ajoute Germoets.

InOpSys combat pollution et pénurie d'eau en traitant les eaux usées industrielles (chimie, pharma), éliminant toxiques organiques/métalliques et récupérant zinc, phosphore, palladium.
L'entreprise purifie micropolluants et perturbateurs endocriniens pour réutilisation totale. "L'idéal : eaux usées en eau potable. Pour l'instant, partiel : compositions variables exigent adaptations", note Dirk Leysen. "80 % des eaux usées industrielles mondiales sont déversées sans traitement."
Focus sur API pharmaceutiques et substances chimiques. "Micro-polluants comme stéroïdes (maladies auto-immunes) : au lieu d'incinération, nous récupérons eau et composants." Unités modulaires mobiles : "Petites usines autonomes en conteneurs, scalables pour flux circulaires."
Calidris Bio vise à nourrir durablement 9 milliards d'humains en 2050 via protéines microbiennes de haute qualité à partir de CO2 capté et énergies renouvelables. Impact minimal sur sols et mers ; alternative au soja/farine de poisson importés pour l'aquaculture.
Processus de fermentation naturel (comme brasserie) : micro-organismes dans bioréacteurs donnent biomasse >65 % protéines, sèche comme levure de boulanger. "Énergie + carbone (CO2 renouvelable). Faible empreinte hydrique vs soja/élevage."

Focus initial : alimentation animale bio (saumon). Puis humaine (shakes, saucisses). Soulage pression sur forêts (soja). Production scalable, même désertique via solaire.
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