Jamais nous n'avons autant recours aux appels vidéo qu'au cours des derniers mois. Que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel, nos interactions humaines se sont largement déroulées via la petite lentille de notre webcam. Ainsi, même ma fille de cinq ans a ses préférences : FaceTime pour les grands-parents (« Je n'ai pas besoin de papa ou maman pour ça »), Zoom pour la classe (« Je peux voir tous mes copains ensemble ! ») et Messenger pour les meilleurs amis (« Pour jouer à des jeux d'habillage numériques »).
J'ai moi-même exploré des plateformes comme WhatsApp, Skype, GoToMeeting, BigBlueButton et Microsoft Teams. Mes choix variaient selon l'objectif de l'appel. En période de confinement, chacun avait ses favoris, la facilité d'utilisation étant souvent prioritaire.
Pourtant, la sécurité était rarement à l'ordre du jour. Zoom en a payé le prix : sa convivialité initiale permettait à quiconque disposant d'un lien d'accéder aux réunions, attirant des intrus indésirables. Les pirates scannaient Internet pour ces liens ou généraient des ID à 10 chiffres. Ainsi naquit le terme Zoombombing.
Même après activation du chiffrement, votre réunion Zoom n'est pas forcément totalement privée.
La plateforme posait aussi des problèmes de confidentialité : l'organisateur voyait qui n'avait pas ouvert la fenêtre de chat (et pouvait les accuser d'inattention) et accédait aux discussions privées.
Zoom a réagi aux critiques. Désormais, les participants atterrissent par défaut en salle d'attente, l'hôte les admet manuellement. Le partage d'écran est restreint, et un chiffrement de bout en bout (E2EE) est disponible, rendant la vidéo accessible uniquement aux interlocuteurs. Les employés de Zoom ne voient que des données chiffrées.
FaceTime et WhatsApp fonctionnent pareillement : les plateformes savent à qui vous parlez, mais pas le contenu de vos échanges, ni sur ordre judiciaire – ce qui les rend prisées dans certains milieux.
Aujourd'hui, nous valorisons plus que jamais les conversations en face à face.
Mais attention : vos messages sont stockés localement. Un accès physique à votre appareil suffit. Facebook peut aussi partager des données entre ses apps, comme avec WhatsApp. Chez Zoom, le chiffrement initial était seulement « en transit », permettant à l'entreprise d'accéder au contenu pour des fonctionnalités comme la détection de locuteur.
Zoom a clarifié : aucune analyse de contenu sans ordre judiciaire. L'hôte choisit désormais entre chiffrement standard ou E2EE.
Les appels vidéo exigent un équilibre entre simplicité, sécurité et confidentialité. En attendant, rien ne vaut une vraie conversation face à face.
[]