L'utilisation des antidépresseurs n'augmente pas le risque d'autisme ou de TDAH chez l'enfant.

Avec plus de 1,5 million d'enfants étudiés, cette recherche représente l'une des plus vastes enquêtes sur les antidépresseurs pendant la grossesse. Des chercheurs de l'Université de l'Indiana, en collaboration avec des scientifiques suédois, ont analysé tous les enfants nés en Suède entre 1996 et 2012.
Aucune augmentation du risque d'autisme ou de TDAH n'a été observée en cas d'exposition aux antidépresseurs durant les trois premiers mois de grossesse. De même, aucun lien n'a été établi avec des troubles de la croissance fœtale. En revanche, le risque d'accouchement prématuré est multiplié par 1,3 chez les mères sous traitement.
Cette conclusion peut surprendre, car des études antérieures suggéraient un risque doublé d'autisme ou de TDAH. Cependant, celles-ci ne tenaient pas compte de facteurs confondants comme la dépression maternelle ou le stress, qui eux-mêmes augmentent les risques pour l'enfant.
Publiée cette semaine dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), la nouvelle étude compare des frères et sœurs issus de grossesses où la mère a pris ou non des antidépresseurs. Partageant gènes et environnement familial, ces comparaisons isolent mieux l'effet des médicaments. Résultat : leur utilisation prénatale est moins risquée qu'anticipé. Les prédispositions génétiques et l'environnement jouent un rôle majeur. Par ailleurs, un usage d'antidépresseurs avant la grossesse – par la mère comme par le père – accroît le risque d'autisme ou de TDAH chez l'enfant.
82 % des femmes concernées utilisaient un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), comme le Zoloft ou le Prozac. Ces traitements élèvent les niveaux de sérotonine cérébrale, améliorant l'humeur.
Les antidépresseurs en grossesse s'avèrent donc plus sûrs que prévu. Néanmoins, les femmes enceintes doivent évaluer bénéfices et risques avec leur médecin. Cette étude se limite aux trois premiers mois ; des effets ultérieurs restent à étudier.