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Le Petit Âge glaciaire plus modeste que prévu : preuves d'extensions glaciaires antérieures plus vastes

Grâce à de nouvelles données et méthodes avancées, des preuves d'âges glaciaires antérieurs, encore plus étendus, émergent progressivement.

Le Petit Âge glaciaire plus modeste que prévu : preuves d extensions glaciaires antérieures plus vastes

Il y a à peine un siècle, le Petit Âge glaciaire enveloppait l'Europe d'un froid humide implacable. Les glaciers, véritables indicateurs climatiques, avaient alors considérablement progressé. Certains villages entiers ont été engloutis par des langues de glace en expansion. Traditionnellement, on considérait que ces glaciers avaient atteint leur extension maximale depuis la fin de la dernière grande période glaciaire. Cependant, de nouvelles données et méthodes révèlent des phases glaciaires plus anciennes et plus importantes, y compris sur le Spitzberg arctique, comme l'attestent nos récentes découvertes publiées dans la revue JoM par moi-même et mes collègues chercheurs polaires.

Les glaciers agissent comme des bulldozers glacés lors de leur avancée, accumulant d'énormes quantités de débris en moraines frontales et latérales. Ces formations sédimentaires jalonnent les chaînes de montagnes mondiales, de la Norvège à la Nouvelle-Zélande, et marquent l'extension maximale des glaciers, souvent bien après leur retrait. Érodées par le temps ou repoussées par de nouvelles avancées, elles peuvent dater de milliers d'années et informent les climatologues sur les climats passés.

Les débris reviennent en pole position

Lors d'une expédition l'an dernier dans le nord-ouest du Spitzberg, notre équipe a cartographié un terrain glaciaire largement inexploré. Grâce à des photos historiques, nous avons identifié les moraines du Petit Âge glaciaire, dont le maximum n'a été atteint qu'au début du XXe siècle sur l'île. Notre surprise fut grande en découvrant, plus éloignées, des moraines anciennes et érodées (Figure 1), témoignant d'une extension glaciaire supérieure à celle du Petit Âge glaciaire, la plus vaste depuis la dernière période glaciaire majeure. Nos résultats, appuyés par deux preuves indépendantes, renforcent les études récentes sur ce phénomène.

Preuve indépendante

Notre étude s'inscrit dans un projet à long terme exploitant les traces glaciaires pour reconstruire les climats passés. Outre les moraines visibles, nous analysons les sédiments lacustres invisibles. Dans le petit lac en aval de notre moraine découverte, les datations au carbone-14 confirment des phases glaciaires plus actives que pendant le Petit Âge glaciaire, il y a 10 000 à 8 000 ans. Cette tendance, corroborée par d'autres données de l'Atlantique Nord, nuance l'idée d'un "optimum climatique" durant cette période.

Le Petit Âge glaciaire plus modeste que prévu : preuves d extensions glaciaires antérieures plus vastesPhoto : Les moraines en question. Dans le coin inférieur droit, le glacier actuel. Les moraines bleues extérieures (stade 2) marquent le maximum du Petit Âge glaciaire. Celles en rose (stade 1) sont plus anciennes.

Détails de la publication

Van der Bilt, Willem G. M., Bakke, Jostein et Balascio, Nicholas L. (2015). Cartographie des assemblages sédiment-relief pour contraindre la sédimentation lacustre dans un bassin versant glaciaire du nord-ouest du Spitzberg. Journal of Maps, 1-9.


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