La pandémie de Covid-19 a transformé notre rapport à la mobilité. Comment accélérer la transition vers une mobilité durable ?
Certaines branches économiques résistent bien à la crise du Covid-19. Le marché immobilier tourne à plein régime : recherches interminables et offres dépassant les prix demandés. Les maisons avec jardin ou les appartements spacieux dotés d'une terrasse ou d'un accès extérieur sont particulièrement prisés. Le confinement printanier a incité beaucoup de familles à reconsidérer les atouts et limites de leur lieu de vie urbain. Pour celles sans jardin ni espace supplémentaire, la banlieue verte ou la campagne s'impose. Il est prématuré de parler d'exode urbain massif, mais la pandémie modifie indéniablement nos habitudes de déplacement.
À première vue, ce désir d'espaces verts et aérés semble défavorable à la durabilité. Hors des centres-villes, la voiture reste indispensable face à des commerces locaux limités et des transports en commun souvent insuffisants.
À première vue, le désir de verdure et d'espace a un impact négatif
Cependant, des opportunités s'offrent à nous. L'essor du vélo électrique, soutenu par des incitants comme l'allocation vélo, a déjà convaincu de nombreux navetteurs ces dernières années. Le confinement a permis à d'autres de redécouvrir le deux-roues. À Bruxelles, lorsque le trafic automobile a chuté, les autorités ont rapidement aménagé 40 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires. « Le passage de la voiture au vélo est une question psychologique. Le confinement a ouvert des horizons à ceux pour qui c'était impensable auparavant, révélant ses bénéfices. Il faut entretenir cette dynamique », explique Cathy Macharis, experte en mobilité, dans ce numéro. Le concept des « mouvements essentiels », né pendant le lockdown, peut encourager à laisser la voiture au garage plus souvent, même post-Covid.
En retirant les voitures des rues et en créant plus d'espaces verts, vous pouvez retenir les habitants
Nos espaces publics sont encore trop orientés vers l'automobile : 50 à 70 % en ville, 55 % en Flandre. Réduire la place des voitures au profit de zones vertes, surtout dans les quartiers urbains denses et défavorisés, permet de rendre ces lieux attractifs. Cathy Macharis, invitée du podcast Eos Demandez-le, voit dans cette crise l'occasion d'avancer vers une mobilité durable. Des mesures taboues comme la taxation kilométrique, la fin des voitures de société ou la limitation des vols courts ne sauraient être ignorées.
La durabilité est le fil rouge du nouveau Eos, avec des dossiers sur l'exploitation minière en Europe et en haute mer, et les éoliennes offshore de plus en plus puissantes. C'est aussi le thème de la Journée de la science (22/11), édition 100 % numérique cette année. Rejoignez-nous pour célébrer la science avec passion !